Elle fait l’actualité
Samia Massoud récompensée pour sa gastronomie
Nagi Morkos, Avril 2017

L’Académie internationale de la gastronomie, basée à Paris, a décerné le prix de la cuisine traditionnelle à Samia Massoud pour son travail au restaurant Mum & I de Badaro. Ce prix, qui n’est attribué que sur demande particulière du jury, est ainsi donné pour la deuxième fois seulement au Liban. 
Samia Massoud ne se destinait pas à la gastronomie. Ancienne publicitaire au journal an-Nahar, elle a ensuite monté un commerce d’importation de vêtements de sport depuis la Chine. Mais en 2005-2006, le rapport qualité/prix devient moins intéressant en Asie et c’est alors que Samia Massoud se met aux fourneaux.
« C’était une manière d’arrondir mes fins de mois », se souvient-elle. À l’époque elle prépare à la maison et vend ses services de traiteur, mais les années passant et les commandes se succédant, sa cuisine ne suffit plus. Samia Massoud se met alors en quête d’un nouveau local, de préférence dans le quartier de Badaro où elle habite. 
« À l’époque il n’y avait rien dans cette partie de la ville, pas un bistrot, pas un café, alors j’ai tenté ma chance », dit-elle. Dépourvu de restaurants, Badaro-Adlieh n’en reste pas moins un quartier dynamique qui concentre sièges de sociétés, ministères, administrations publiques et universités.
Le local qu’elle choisit est situé dans une ruelle en face du musée national. Avec 85 m2 à l’intérieur et 20 m2 à l’extérieur, il offre la possibilité d’avoir en plus de la cuisine une salle et une terrasse.
En 2012, c’est donc ainsi que Samia Massoud ouvre Mum & I, un restaurant de cuisine libanaise spécialisé dans les plats du jour pour un ticket moyen d’environ 20 dollars par personne.
« Les recettes sont celles de ma mère, qu’elle a apprises de sa grand-mère, cet endroit lui rend d’ailleurs hommage », dit la cuisinière qui a investi environ 200 000 dollars dans ce projet. Au menu, une sélection de plats traditionnels libanais qu’on a peu l’habitude de voir au restaurant comme le choux farci, la kebbé arnabiyé ou bien les artichauts à la viande. À côté on retrouve aussi quelques mezzés d’accompagnement simples et, parfois, un plat d’ailleurs comme le bœuf stroganov ou les crevettes au curry.
Rapidement, l’établissement devient une référence dans le quartier avec une centaine de repas servis chaque jour. Pour mieux se faire connaître, la propriétaire mise sur le numérique avec un site Internet et une page Facebook où sont notés les plats du jour. Ceux qui ne veulent pas se déplacer au restaurant peuvent ainsi téléphoner, envoyer un e-mail ou un WhatsApp et se faire livrer à domicile.
Mum & I c’est aussi bien sûr une entreprise de traiteur. Les clients peuvent soit privatiser l’établissement pour des événements particuliers, soit se faire livrer. Samia Massoud et son équipe, aujourd’hui composée de neuf cuisinières, peuvent servir plusieurs centaines de personnes.
Aujourd’hui, Samia Massoud souhaite continuer sur sa lancée et envisage un développement de Mum & I dans Beyrouth, voire à l’étranger.


Noms cités : Samia Massoud, an-Nahar
Hôtellerie & tourisme précédents