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Interview
Ali Abdel Latif : « Il ne suffit pas de réduire les prix »

Wadi Abou Jmil, un village privé au cœur de Beyrouth
Les prix des appartements ont baissé de 0,7 % en 2014

Interview
Ali Abdel Latif : « Il ne suffit pas de réduire les prix »
Guillaume Boudisseau, Juin 2015
Situé entre Beit-Méry, Aïn Saadé et Monteverde sur l’ancien parc de loisirs Putt Putt, le projet High Park compte 26 500 m2 de surface résidentielle et comporte 173 appartements dont 44 % d’une à deux chambres à coucher. Entretien avec Ali Abdel Latif, copropriétaire du projet.

Comment se caractérise High Park ?
Sur une parcelle d’environ 21 000 m2, le projet comporte quinze immeubles de quatre à sept étages avec uniquement deux unités par niveau. Les immeubles sont répartis autour d’un parc avec une piste de jogging, une piscine, un espace de jeux, une salle polyvalente, un terrain couvert de basket et de football. Au total, High Park totalise 173 appartements de 50 à 338 m2. Une trentaine auront des jardins privés. 48 % des logements ont trois chambres à coucher avec des superficies de 138 à 170 m2. Le site a 17 mètres de dénivellation, ce qui permet d’offrir des dégagements à chaque unité.

Votre gamme de surfaces commence à partir de 50 m2, pourquoi proposer des unités aussi petites dans une région plutôt recherchée par les familles ?
Nous savons que les studios ne sont pas proposés à Beit-Méry. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de demande. Ce n’est pas dans notre politique de suivre ce que fait la concurrence. Notre stratégie est d’innover et d’être pionnier. Il fallait être différent afin de se démarquer dans cette région. Ainsi, High Park offre 22 studios. Mais le projet cible tous les publics et tous les budgets, puisque 10 % de notre stock est constitué d’unités de quatre à cinq chambres à coucher. La demande actuelle porte autant sur les studios que sur les grands appartements.

Comment se passe la commercialisation de High Park ?
Le projet n’est pas officiellement lancé. Nous l’avons mis uniquement en ligne sur certains sites Internet. Environ 10 % a été vendu.
Mais le véritable démarrage se fera dans quelques semaines. Nous attendions de finaliser un accord avec une banque qui accordera à nos clients un prêt de 2,35 % sur 30 ans.

Quelle est votre gamme de prix ?
Il est possible d’acquérir un 69 m2 à partir de 134 000 dollars, soit 1 942 dollars le m2. La moyenne du projet est de 2 100 dollars le m2 au lancement, mais les prix vont augmenter au fur et à mesure de l’évolution des ventes.

Le projet compte-t-il des espaces commerciaux ?
Une salle de sport de 1 000 m2 sera proposée à la location. Les résidents de High Park pourront y être membres à un tarif préférentiel.

Quel bilan tirez-vous de votre projet d’affaires Vision 1974, à Hamra, qui a été livré début 2015 ? Et souhaitez-vous investir à nouveau dans le créneau des bureaux ?
Ce fut une excellente expérience. Au final, l’immeuble compte deux tiers de cliniques. Nous avons répondu à une attente. Le projet nous a fait une bonne publicité. Nous ne voulons pas perdre cet effet positif. Toutefois, nous ne pensons pas que Hamra puisse absorber un nouveau projet d’affaires avec plus de 3 000 m2 de bureaux. Nous sommes davantage tentés par un projet mixte avec des appartements et une petite partie de bureaux.

Vous lancez High Park dans un contexte de stagnation du marché immobilier, est-ce risqué ?
Le marché n’a pas la même dynamique qu’entre 2006 et 2010. Mais la situation actuelle n’est pas mauvaise pour autant. Les petites surfaces sont moins affectées comme en témoigne notre projet Vision 1793 à Sanayeh où 78 % des appartements sont vendus. Pourtant l’immeuble sera livré fin 2016.

Faites-vous partie des promoteurs qui ont baissé leur prix pour essayer de vendre plus ?
Non, nous ne pensons pas que réduire ses prix soit suffisant pour vendre. Nos prix sont étudiés et parfois plus chers que la concurrence, mais ils sont justifiés par l’emplacement du projet, la qualité de nos produits et le design de tous nos immeubles dont l’architecture est signée de Charles Hadifé.


Noms cités : Ali Abdel Latif, Charles Hadifé
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