Immobilier

Interview
Chaouki Farhat : « La spéculation foncière rapporte davantage que la promotion »

L’avenue des Français, une adresse mixte au centre-ville

Interview
Chaouki Farhat : « La spéculation foncière rapporte davantage que la promotion »
Guillaume Boudisseau, Novembre 2014
L’avenue Charles Malek demeure l’une des destinations d’affaires les plus prestigieuses de Beyrouth. Pourtant depuis une dizaine d’années, aucun nouveau projet n’y avait été signalé. Il a fallu attendre 2014 pour assister au lancement de 131 St Nicolas Office Tower, un immeuble de 3 600 m2 de bureaux.
Entretien avec Chaouki Farhat, copropriétaire du projet.

Comment se structure 131 St Nicolas Office Tower ?
L’immeuble compte douze étages de bureaux. Le rez-de-chaussée, la mezzanine et le sous-sol forment un espace commercial de 600 m2. À chaque niveau, nous pouvons offrir des bureaux de 87 à 300 m2. Au total, le projet compte sept sous-sols qui permettront d’avoir cinq places de parking par étage. Une vingtaine de places supplémentaires seront mises en vente.

Proposer des bureaux était-il une évidence avenue Charles Malek ?
Oui. Pourtant nous avions au préalable étudié la parcelle pour un projet résidentiel. Mais finalement, l’avenue Charles Malek est plus adaptée à un immeuble commercial. Elle est une adresse d’affaires déjà connue dans le prolongement du centre-ville. C’est également une évidence financière. La valeur des boutiques et des bureaux y est plus importante que celle des appartements. De plus, les étages sont vendus dans leur structure béton, d’où un coût de construction moins élevé que celui d’un logement.

Comment se déroule la commercialisation ?
Les travaux ne vont pas commencer avant la fin 2014, mais le financement du projet est déjà quasiment assuré, puisque le local commercial et deux étages de bureaux ont été vendus. Pour les étages restants, notre grille des prix commence à 5 500 dollars le m2. Nous sommes conscients que la crise économique ne nous est pas favorable. Mais cela ne nous inquiète pas. Dans le pire des cas, nous garderons les bureaux pour nous et nous les mettrons sur le marché locatif.

En 2009, vous aviez démarré la commercialisation du projet Achrafieh 444 à Mar Mitr. Puis en 2011, vous avez vendu la parcelle à un autre promoteur. Pourquoi ?
Cela fait partie de notre métier. Nous avons eu une opportunité de vendre cette parcelle à un bon prix. Notre avant-projet proposait des logements de 280 m2, le nouvel acquéreur a redessiné le projet avec des unités de 140 m2. Il a tout vendu. Tout le monde en est sorti gagnant. Finalement, la spéculation foncière rapporte beaucoup plus que la promotion immobilière.

Avez-vous d’autres projets immobiliers à Beyrouth ?
Rue du Liban à proximité du campus de l’Université Saint-Joseph, nous terminons notre projet : Résidence sur jardin 237, un immeuble de 27 appartements dont la moyenne des appartements est de 300 m2. Seulement, trois unités sont encore à la vente.

Comment jugez-vous l’évolution de la demande dans le contexte sécuritaire actuel ?
Le besoin est intact. Il y a toujours une demande. Les spéculateurs ne sont pas nombreux. Les acheteurs sont surtout des personnes qui veulent un pied-à-terre ou un logement pour y vivre. Naturellement, la demande évolue en fonction de la situation générale du pays. Avec les événements de Ersal, elle s’est ralentie. Mais quelques semaines auparavant suite à la formation du gouvernement de Tammam Salam, nous avions vendu trois appartements et deux bureaux.

Souhaitez-vous lancer de nouveaux projets immobiliers à Beyrouth à court terme ?
Actuellement, nous restons focalisés sur nos deux projets de la rue du Liban et l’avenue Charles Malek. Mais, nous continuons à observer la demande qui tend vers de petites surfaces. Ainsi, nous pensons à l’avenir nous orienter vers des logements de 90 à 180 m2, soit de deux à trois chambres à coucher. Toutefois, nous pensons qu’il n’est pas opportun de démarrer un nouveau projet dans l’immédiat. Il est inutile d’ajouter de nouveaux appartements sur le marché alors que le stock actuel prend du temps à s’écouler. Une surabondance de produits serait négative et fragiliserait les prix.


Noms cités : Chaouki Farhat, Eni
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