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Fadi Rayes : « On nous prive de notre matière première »

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Interview
Fadi Rayes : « On nous prive de notre matière première »
Guillaume Boudisseau, Mars 2011
Le promoteur des projets résidentiels Harbour Tower à Gemmayzé et Capital Towers à Nazareth dénonce la cherté des parcelles à Beyrouth.

Votre nouveau projet Capital Towers se trouve à Nazareth, pourquoi avoir choisi ce quartier ?
Nazareth est une adresse centrale à Beyrouth à proximité de la place Sassine, de Sodeco, du Musée national et du centre-ville. De plus, mes partenaires et moi cherchions une large parcelle afin d’offrir de petites surfaces avec des dégagements et des espaces verts à nos clients. Ce terrain de 2 200 m2 répondait à nos critères.

Quelles tailles d’appartements proposez-vous ?
Capital Towers compte 65 appartements. Le projet se structure autour de deux tours de 20 et 24 étages avec des unités de 220, 240 et 275 m2 avec trois à quatre chambres à coucher. Les derniers étages sont des duplex. Au total, nous avons environ 16 000 m2 de surfaces résidentielles. C’est la société ERGA qui en est l’architecte.

Quelles sont ses spécificités ?
Le projet compte un parking de 200 places, une salle de sport de 700 m2, une salle polyvalente de 150 m2 et un jardin de 300 m2 pour les enfants.

Quels sont vos prix de vente ?
Nous préférons ne pas communiquer encore de prix avant que les derniers détails sur les surfaces soient réglés. Nous y verrons plus clair une fois que les travaux d’excavation démarreront au printemps 2011.

Quel est votre cible de clients ?
Il y a une demande de la part de la jeune génération qui accepte de vivre dans de petits appartements, mais en contrepartie elle veut des produits avec des services et des facilités comme des espaces verts, des salles de sport, une piscine, etc. Ces clients sont également à cheval sur les spécificités proposées. C’est pour cela que nous sommes intransigeants sur la durabilité de nos projets. Ainsi, nous mandatons des sociétés privées de contrôle pour obtenir toutes les attestations de qualité. Il faudrait imposer à tous les projets immobiliers un contrôle technique afin de ne pas tromper les clients.

Comment se passe la commercialisation du projet Harbour Tower à Gemmayzé ?
Bien que les travaux ne soient pas terminés avant mars 2012, le projet est déjà vendu à 90 %. Les résidents sont majoritairement des Libanais expatriés. Les dernières disponibilités en fonction des étages varient de 4 500 à 6 500 dollars le m2.

Comment se structure le projet ?
Dessiné par l’architecte Nabil Gholam, Harbour Tower totalise 23 étages avec des appartements de 417 m2. Le projet compte un club de sport, une piscine et un jardin de 800 m2 qui a été conçu par le cabinet Francis Landscapes Ltd. Nous avons été les premiers à développer un projet résidentiel face au port de Beyrouth. Harbour Tower offre des vues sur le littoral et la montagne.

Quelle analyse faites-vous du marché immobilier actuel ?
La cherté des terrains est notre premier problème. On nous prive de notre matière première. Les prix ont terriblement augmenté au cours des dernières années. Je me souviens de mon premier projet résidentiel rue Haimari. En 1993, le mètre carré était à 1 500 dollars. Aujourd’hui, la valeur du foncier y a été multipliée par treize. Parallèlement, le mètre carré d’un appartement n’a été multiplié que par quatre. Finalement, ce ne sont pas les promoteurs qui en ont profité, mais les propriétaires qui ont fait des gains considérables.

Quelles sont les conséquences de la hausse du foncier ?
Les prix des appartements augmentent à cause de la hausse du foncier alors que nos marges sont les mêmes. Le budget des familles ne peut pas suivre ces hausses. Nous devons nous adapter. Ainsi, nous nous orientons vers des logements de plus en plus petits.


Noms cités : Total, Erga, Nabil Gholam, Francis Landscapes Ltd
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