Hassan Hachem : « Nous voulons rendre le centre-ville accessible »
Guillaume Boudisseau, Septembre 2015
Situé à proximité de l’hôtel Four Seasons au centre-ville de Beyrouth, le projet MEH Square totalise environ 20 000 m2 de surfaces résidentielles et commerciales. L’objectif des promoteurs
est de proposer de petites surfaces pour attirer les petits budgets. Entretien avec Hassan Hachem, architecte franco-libanais et copropriétaire du projet.

Comment se structure MEH Square ?
Le projet se compose d’une centaine d’appartements répartis dans deux blocs. Les plus petites unités commenceront à partir de 110 m2 avec une chambre à coucher. Au total, la moyenne des logements sera d’environ 160 m2. Seuls les produits aux derniers étages seront des appartements de quatre chambres à coucher avec une double hauteur dans les salons. Le projet compte également 1 500 m2 de surfaces commerciales. Dans la continuité des parcelles adjacentes où se trouvent les restaurants Métropole et Cuccina, nous allons privilégier des espaces pour des cafés-restaurants.

Pourquoi avoir investi au centre-ville dans un contexte de ralentissement du marché à Beyrouth ?
Il y a une dizaine d’années, j’avais investi avec des partenaires dans un projet résidentiel le long de l’avenue du Parc à côté des Souks de Beyrouth. Cette fois-ci, j’ai réalisé que la parcelle où se trouve le projet dégage une aura particulière. Cet îlot n’est pas directement sur le front de mer, ni sur un grand axe de circulation. Nous avons eu un coup de cœur pour ce terrain. C’est l’adresse idéale pour de petits et moyens logements.

Pourquoi ciblez-vous les petites surfaces ?
Nous sommes réalistes. Nous connaissons la situation du marché immobilier, les avantages et les inconvénients de la parcelle. En fonction de ces paramètres, il fallait proposer un projet innovant en lui donnant une spécificité et une identité. Notre objectif est de vendre de petites et moyennes surfaces tout en gardant des prestations haut de gamme avec des espaces verts, un maximum de deux unités par palier, une salle de sport et une galerie d’art au rez-de-chaussée de l’immeuble. Nous sommes en train de travailler sur les façades avec le cabinet britannique d’architecture PLP qui a conçu le projet en collaboration avec l’architecte libanais Ziad Akl. PLP avait gagné le concours d’architecture parmi dix compagnies internationales présélectionnées.

Est-ce un défi de proposer de petits appartements au centre-ville alors que la moyenne y est d’environ 320 m2 ?
Ce n’est pas un défi, c’est une nécessité. En proposant, entre autres, de petites unités à des prix compétitifs, nous allons toucher une classe sociale qui n’a pas aujourd’hui accès au centre-ville. Le périmètre de Solidere ne doit pas être uniquement réservé à une élite. Ce ne doit pas être un club privilégié pour une minorité. Il est tout à fait possible de le rendre accessible à de jeunes cadres, ingénieurs, médecins ou avocats dont le budget commence à partir de 660 000 dollars. Avec un premier versement de 20 % à la signature et le reste payable sur 20 ans, nous devenons ultracompétitifs.

Dans un marché immobilier très concurrentiel, comment comptez-vous adapter votre marketing ?
Prochainement, nous démarrerons notre campagne de communication. Toutefois, cela ne sert à rien de dépenser des fortunes si le produit n’est pas bon. Dans notre cas, notre projet se veut différent par son concept, ses surfaces et ses prix. Nous allons communiquer dans ce sens.

MEH Square est-il votre premier projet à Beyrouth ?
Mon premier investissement immobilier au Liban remonte à 1991. En partenariat avec des professionnels du secteur, j’avais investi dans d’importants projets à Beyrouth. Parallèlement j’ai poursuivi mes activités professionnelles d’architecte et d’entrepreneur à l’étranger surtout dans six pays de l’Afrique centrale et de l’Ouest où je suis actif dans le BTP (bâtiments et travaux publics).


Noms cités : Ziad Akl, Hassan Hachem, PLP, Solidere, PAC