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Mazen Ibrahim : « Il y a un excédent d’appartements sur le marché »

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Interview
Mazen Ibrahim : « Il y a un excédent d’appartements sur le marché »
G. B., Juillet 2014
Conscient que l’immobilier actuel à Beyrouth est au ralenti, le groupe Jamil Ibrahim Est. n’est pourtant pas prêt à brader ses appartements. Il préfère attendre d’ici à un ou deux ans une nouvelle dynamique du marché. Entretien avec Mazen Ibrahim, responsable des ventes.

Combien de projets construisez-vous actuellement ?
Nous avons deux projets en chantier : La Citadelle de Beyrouth à Aïn el-Mreissé avec 74 unités de 685 m2 chacune et Carlton Residence à Raouché avec 57 logements.

Comment se déroule leur commercialisation ?
Il est indéniable que depuis deux ans au moins le marché est au ralenti. Mais nous restons satisfaits des ventes de La Citadelle de Beyrouth où nous avons vendu 20 appartements. Étant donné que le projet ne sera pas livré avant l’été 2016, nous ne sommes pas inquiets. De son côté, Carlton Residence affiche un taux de vente de 68 %, mais il nous reste six mois de travaux. En revanche, Les Dômes de Sursock qui viennent d’être terminés a un taux d’invendus de 35 %. L’existence d’invendus après la livraison n’est pas nouvelle, mais leur proportion a récemment pris de l’ampleur. Auparavant, elle était de 5 à 10 % par immeuble. Désormais, ce chiffre tend vers 30 à 40 %.

Comment expliquez-vous le ralentissement du marché ?
Le contexte politique et sécuritaire local est incontestablement un handicap. Mais il y a surtout un excédent d’appartements, que ce soit de petites ou de grandes tailles, à Beyrouth. Il y a trop de logements sur le marché. Cela va prendre de 12 à 24 mois pour que tout le stock actuel soit absorbé. Il y a aussi les spéculateurs qui revendent en temps de crise leur bien moins cher qu’au prix du promoteur. C’est ce qui arrive parfois sur certains de nos projets.

Si les spéculateurs vendent moins cher, pourquoi ne pas baisser vos prix pour attirer d’éventuels acheteurs ?
Notre grille des prix pour chaque projet est la même depuis 2012. Mais face aux spéculateurs, nous ne pouvons rien faire à part attendre des jours meilleurs. Ce n’est pas notre politique de brader nos produits. Nous n’avons pas de prêts bancaires et nous finançons nous-mêmes nos projets, donc nous sommes libres de vendre nos appartements à nos prix. Par exemple, nous venons de stopper début 2014 un chantier à Sanayeh. Les ventes étaient mauvaises. Nous avons préféré suspendre la construction. Le chantier redémarrera une fois que le marché sera dans une phase positive, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Votre groupe est connu pour offrir de grands appartements dans des sites stratégiques. La crise du marché vous a-t-elle convaincu de vous orienter vers la commercialisation de petites surfaces ?
Nous l’avions fait à la fin des années 1990 avec Sodeco Square. Mais ce n’est pas notre stratégie dans l’immédiat. Nous savons qu’il y a une demande pour des appartements haut de gamme. Il faut que la situation politique et sécuritaire se calme et que les étrangers reviennent acheter à Beyrouth. Si ces conditions sont réunies, le marché retrouvera une nouvelle dynamique.

Le projet The Octagon à Accra, au Ghana, est votre premier projet immobilier hors du Liban. Quel bilan en tirez-vous ?
Le projet sera livré au début 2015. The Octagon est un complexe hôtelier (200 chambres) et commercial avec des boutiques (7 000 m2) et des bureaux (36 000 m2). Nous allons gérer l’hôtel. Les autres produits sont à la vente. C’est une expérience, voire un test du marché au Ghana. Nous ne savons pas encore si nous y lancerons un nouveau projet à l’avenir. C’est encore trop tôt pour tirer des conclusions.


Noms cités : Mazen Ibrahim, Jamil Ibrahim Est.
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