Immobilier
Les multiples facettes de la rue de Damas
G. B., Mars 2017
L’ancienne ligne de démarcation connaît une intense activité immobilière. Adresse institutionnelle, diplomatique, hôtelière, universitaire, culturelle, religieuse, d’affaires, commerciale et résidentielle, la rue de Damas regroupe une multitude de fonctions. Depuis la nouvelle dynamique de sa structure commerciale, sa cote ne cesse de progresser.

Depuis une dizaine d’années, les enseignes n’ont cessé de se succéder le long de la rue de Damas qui a vu passer Yabani, Semsom, La Piazza, Crepaway, La Bodeguita del Medio, Bilbol. Tous les concepts ont tenté leur chance. Certains ont échoué après quelques années et d’autres sont passés en coup de vent. Deux exceptions, Dunkin’ Donuts et Falamanki qui est ouvert depuis 2008.
Après maints fermetures et échecs (certains emplacements ont changé 3 à 4 fois d’enseignes), la popularité de la rue de Damas repose dorénavant sur les terrasses à chicha et la cuisine libanaise. C’est la formule qui fonctionne et qui est la plus en demande.
Le succès des restaurants Falamanki, Dunya Beirut, al-Nawafir et Liwan a redynamisé cette partie de la rue de Damas qui avait souffert de l’éclosion de Gemmayzé, puis de Mar Mikhaël.
La demande tire actuellement les loyers vers le haut. Les emplacements se négocient entre 400 et 500 dollars le m2 par an.
Toutefois, les prix les plus élevés se trouvent au nord de la rue de Damas au niveau du “souk des cafés” où les vendeurs se postent le long de la rue pour proposer un café à la sauvette. L’adresse est connue également pour les deux snacks Sahyoun. Les emplacements sont plus petits et les loyers varient de 500 à 600 dollars le m2 par an.
Parallèlement, la valeur des boutiques du centre Sodeco Square a été boostée par l’arrivée – juste en face − de la Sûreté générale. Les hausses sont estimées à +20 % en quelques mois. Les locaux sont proposés autour de 500 dollars le m2. En revanche, l’intérieur de la galerie Sodeco Square est en mode survie et peine à retrouver un second souffle.
De Sodeco vers l’ambassade de France, la structure commerciale de la rue de Damas est plus décousue. Les emplacements commerciaux se négocient de 200 à 300 dollars le m2 en direction du campus de l’USJ. En 2016, un local de 335 m2 a été loué sur la base de 285 dollars le m2 annuel au rez-de-chaussée.
La rue de Damas est également une adresse d’affaires dominée par le Sodeco Square qui compte des dizaines de bureaux et de cabinets médicaux. Certains se sont implantés dans d’anciens appartements. Les loyers s’étirent de 175 à 250 dollars le m2 annuel. Les autres immeubles de bureaux de la rue n’offrent pas les mêmes prestations et sont 20 % moins chers que le Sodeco Square.
Si la rue de Damas est une réussite commerciale (boutiques, restaurants et bureaux), elle peine à s’imposer comme une destination résidentielle.
Au cours des quinze dernières années, uniquement sept projets résidentiels ont été lancés le long de la rue. Pourtant les parcelles disponibles ne manquent pas. Certaines sont à la vente depuis plusieurs années. Mais les incidences foncières demandées (prix de la parcelle divisé par le métrage vendable) sont, à chaque fois, au-delà de 2 000 dollars. C’est environ 20 % au-dessus de leur juste valeur.
En 1998, Sodeco Square du promoteur Jamil Ibrahim a été le premier projet de l’après-guerre à proposer des appartements. Allieh Residence a suivi en 2007 avec des appartements de 363 m2.
En 2015, l’immeuble Rudamas de la société BEAM comptait 26 étages et environ 14 500 m2 de surfaces résidentielles. Tous ces projets se sont bien vendus.
Actuellement, un seul chantier est en cours. Le projet propose des appartements de 195 m2. La grille des prix démarre à 4 150 dollars le m2.


Noms cités : BEAM, Jamil Ibrahim
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