Offre locative : plus de 5 890 m2 vacants à Hamra
G. B., Juillet 2017
Hamra, le plus important quartier marchand de Beyrouth, n’échappe pas à la stagnation de la situation économique locale. Les loyers sont en baisse et des dizaines de magasins sont à louer. L’agence de conseil immobilier Ramco a identifié les quatre principales rues de Hamra où l’offre locative est la plus importante.


Alors que les disponibilités sont quasiment nulles le long des rues Bliss, Jeanne d’Arc, Sidani, Abdel Aziz et Baalbeck, les locaux vacants se trouvent principalement dans les rues Hamra, Makdessi, Émile Eddé et Sadate.
Paradoxalement, la rue Hamra est l’axe le plus demandé mais aussi celui qui a le plus de disponibilités. Il y a actuellement neuf locaux à la location qui totalisent 2 579 m2. Quatre d’entre eux se trouvent aux extrémités de la rue, soit les secteurs Étoile et Abou Taleb. Ces deux secteurs sont historiquement les moins appréciés par les commerçants, parce qu’ils manquent de locomotives capables de drainer un flux constant de piétons. Certains locaux sont à louer depuis plusieurs années. La principale raison est que les propriétaires ne se rendent pas compte que leurs tarifs (800 à 1 000 dollars le m2) sont disproportionnés par rapport au potentiel des emplacements. C’est 10 à 20 % au-dessus de la juste valeur.
Les disponibilités sont rares au cœur de la rue Hamra qui s’étire du café Costa au snack Sandwich w Noss. Pourtant, c’est l’un des secteurs les plus chers de Hamra avec des loyers de 900 à 1 200 dollars le m2 en fonction des surfaces et des emplacements.
Les quelques locaux à la location s’avèrent avoir quelques défauts (trop larges, mauvaise exposition, accès difficile avec des marches, façade trop étroite). Pourtant les loyers demandés sont souvent raisonnables pour les locaux présentant quelques défauts de 400 à 500 dollars le m2.
La dynamique de la rue Makdessi a été pénalisée par le déclin de l’activité de la restauration. Plusieurs enseignes (Walkman, Compass Lounge, Stage, Umai Wok, La Rosso, London Bar) ont récemment fermé. Bien qu’il ne s’agisse pas de noms d’une grande notoriété, cela confirme néanmoins que le secteur a perdu de sa flamme. Quatre locaux dédiés à la restauration sont toujours à louer à proximité des pubs Main Street et Dany’s, les deux références dans la rue. Les loyers tournent autour de 500 à 700 dollars le m2 par an.
Au total, la rue compte 11 emplacements à louer. Ce chiffre n’a cessé d’augmenter depuis deux ans. La cherté des loyers décourage les commerçants potentiels qui préfèrent s’orienter vers les locaux plus abordables le long des rues Sidani, Makhoul, Souraty et Abdel Aziz. La rue Makdessi reste à l’ombre de la rue Hamra et peine à attirer des franchises internationales. Pourtant situées à proximité des enseignes GS et Original Marines, les boutiques Daniel Hechter, Adidas et Hallmark ont mis dernièrement la clé sous la porte. Les loyers dans ce secteur vont de 500 à 650 dollars le m2.
La rue Émile Eddé (plus connue comme la rue de Lyon) compte une poignée de locaux à la location, soit un total de 655 m2. Cet axe qui est la sortie de Hamra affiche des loyers de 250 à 300 dollars le m2.
La rue Sadate se situe à l’extrémité occidentale de Hamra. Il s’agit d’une artère populaire avec une majorité d’enseignes liées à la restauration rapide : manakich, cafés, glacier, sandwiches. La demande se focalise sur les unités de 30 à 50 m2 avec des loyers de 1 500 à 2 000 dollars le m2. À l’opposé, les grandes surfaces au-delà de 150-200 m2 ne sont pas recherchées. Par exemple, l’ancien local du restaurant Toot Beirut (350 m2) est à louer autour de 100 000 dollars par an. Il est vacant depuis 14 mois.


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