ArabNet : 8e rendez-vous des dernières tendances du numérique
C. D., Mars 2017
Fin février s’est tenue comme chaque année depuis huit ans la conférence annuelle du réseau ArabNet à Beyrouth, l’occasion
de faire le point sur les tendances 2017.


Dans les locaux de l’hôtel Hilton Habtoor, ils étaient plus de 1 300 selon les organisateurs à se réunir pour échanger sur les bonnes pratiques et les opportunités à saisir pour devenir la prochaine “success story” du numérique arabe. Tous les partenaires stratégiques du secteur étaient présents : Banque du Liban, fonds d’investissements, jeunes entrepreneurs, banques privées, opérateurs de téléphonie mobile, ambassades étrangères… tous se demandant de quoi demain sera fait.

Le Liban au cœur de l’économie régionale

Toutes les occasions sont bonnes pour le rappeler, le Liban veut devenir la référence des start-up arabes, le hub de l’économie digitale régional. Lors de la cérémonie d’ouverture, c’est à l’unisson que Riad Salamé, gouverneur de la Banque centrale et architecte de la circulaire 331, Jamal Jarrah, ministre des Télécommunications, et Raëd Khoury, ministre de l’Économie et du Commerce, ont renouvelé ce souhait, soulignant bien que le Liban est aujourd’hui le second pays de la région Mena qui attire le plus d’investissements dans ce secteur. Même si les Émirats arabes unis, en tête du classement, se taillent toujours la part du lion, les Libanais n’abandonnent pas  la course. Pour joindre l’action à la parole, Jamal Jarrah a même promis le déploiement du réseau 4G « sur 85 % du territoire d’ici à la fin mars ». Une promesse, que son prédécesseur avait déjà émise l’an dernier lors de la même conférence et qui devait à l’époque se concrétiser en septembre 2016.

La Fintech à l’honneur

Parmi les domaines les plus en vogue cette année, on retrouve la Fintech. Ce secteur, qui regroupe toutes les innovations liées à la banque en ligne, faisait l’objet d’une journée complète d’échanges. « Le secteur bancaire représente un véritable pilier de l’économie libanaise. Notre pays a le potentiel pour mener l’innovation bancaire régionale et acquérir un avantage compétitif au niveau global », expliquent les organisateurs de la conférence. Avec plus de 80 millions d’utilisateurs dans la région, la banque en ligne fait rêver les institutions financières et les entrepreneurs : le Banking Innovation Day leur était dédié. Visa, Criteo, Ernst & Young mais aussi des start-up régionales comme Careem – qui vient de recevoir 350 millions de dollars d’investissements – ont ainsi partagé leur expérience avec une centaine de banquiers avides de conseils pour mieux cibler une clientèle jeune et connectée.

Prototypes et hardtech

L’année 2017 est aussi celle du hardtech. Si la grande majorité des start-up libanaises se focalisent jusqu’à présent sur le développement d’applications mobiles, les acteurs de l’écosystème semblent vouloir diversifier l’offre et encourager le hardtech. Le Prototype Day était donc l’occasion pour les entrepreneurs de mettre la main à la pâte et de s’essayer au développement de produits connectés. Lors de la deuxième journée du forum, l’accent était mis sur le rôle d’accompagnement que peuvent jouer les universités libanaises dans le cadre de la recherche et développement.

La e-santé

Autre secteur porteur, celui de la santé. Selon les chiffres de la Silicon Valley Bank, plus de 9 milliards de dollars auraient été investis dans ce secteur en 2016.  Le Liban est déjà à l’origine de plusieurs réussites dans ce domaine et compte bien garder son avantage compétitif. La conférence ArabNet a donc consacré un panel entier à la question de l’innovation dans le secteur du bien-être, en présence notamment de Lana Ghanem, directrice de Hikma Venture, un fonds d’investissements spécialisé dans ce domaine. Lancé par la société pharmaceutique Hikma Pharmaceuticals, ce fonds est basé à Amman, en Jordanie, et est doté de 30 millions de dollars.

L’arabe, une valeur sûre

Pour ceux qui pensent encore que l’arabe n’est pas compatible avec un moteur de recherche, une interface Web ou un clavier de smartphone, il est temps de se mettre à la page. En effet, depuis septembre 2016, l’arabe est la troisième langue la plus utilisée sur Twitter après l’anglais et le japonais. « C’est un signal qui indique l’importance de la région Mena », dit Meghan Doyle, représentante de Twitter. L’arabe est la langue qui progresse le plus vite sur la Toile.
Enfin, la conférence ArabNet 2017 a aussi été l’occasion de quelques annonces parmi lesquelles le lancement de Flat6Labs à Beyrouth (voir ci-contre). Côté compétitions, les start-up Vision in Motion, Synkers et Blink My Car remportent la bataille. Elles représenteront le Liban à la finale de la compétition régionale ArabNet à Dubaï.


Noms cités : Jamal Jarrah, Raëd Khoury, Riad Salamé, Ernst & Young