Lexique
Définition
La balance courante
Charbel Nahas, Mars 2007

La balance des paiements n'est pas un simple chiffre annuel qui annonce un excédent ou un déficit. C'est un système statistique organisé de plusieurs comptes articulés destiné à décrire les transactions économiques d'un pays avec le reste du monde.
Ces transactions ne sont pas de même nature. On doit distinguer :
• Celles qui portent sur des valeurs économiques (échanges de biens et de services, rémunération des ressources).
• Celles qui portent sur des actifs financiers (acquisition ou cession de propriétés de créances, etc.).
• Et celles qui sont sans contrepartie.
On distingue de ce fait deux comptes principaux : le compte des opérations courantes et le compte de capital et de financement.
Nous traiterons d'abord le compte des opérations courantes.
La balance courante (ou balance des opérations courantes) mesure le solde de toutes les opérations portant sur des valeurs économiques que les résidents d'un pays (gouvernement, ménages, entreprises, etc.) réalisent avec le reste du monde durant une année ainsi que les transferts sans contrepartie. Elle se calcule en additionnant :
• Le solde de la balance commerciale (solde des valeurs des biens physiques échangés).
• Celui de la balance des services (transport, tourisme, télécoms, construction, assurances, services financiers, informatique, licences, services personnels et culturels, services gouvernementaux).
• Celui des revenus (c'est-à-dire les rémunérations du travail à l'étranger des résidents – comme les travailleurs saisonniers notamment – et celles des capitaux des résidents placés à l'étranger).
• Et celui des transferts sans contrepartie (c'est-à-dire ceux aux termes desquels l'émetteur du transfert n'obtient aucun bien ni aucune créance sur l'économie destinataire).
La somme des deux premiers postes s'intitule “Solde des échanges de biens et de services”.
Le solde de la balance courante est exactement et nécessairement compensé par celui du compte de capital (dons, remise de dettes, cession de licences, etc. ) et du compte financier (investissements directs fonciers, investissements de portefeuille, dépôts et avoirs monétaires, variations de réserves). Car toute transaction “économique” a une contrepartie “financière ou en capital”. Additionnés, le solde courant et le solde capital et financier constituent la balance des paiements.