Haut débit : Abandon du projet d’extension de la fibre optique
16-05-2017 | par M.R
Mots clés : Fibre optique, Jamal Jarrah, Internet
A l’occasion du Salon Smartex, qui se tenait du 11 au 14 mai, le ministre des Télécoms, a dévoilé une partie de son plan de modernisation du réseau de téléphonie fixe et Interne. Evasif, Jamal Jarrah a cependant annoncé les premières « grandes étapes » d’un programme dont il communiquera les avancées au fur et à mesure.
Parmi ses décisions phares, le ministre a annoncé l’abandon du projet de déploiement national de la fibre optique de son prédécesseur, Boutros Harb. Lancé en 2015, ce plan prévoyait de doter le Liban de la fibre optique jusqu'à l'abonné (Fiber to the Home-FTTH), la technologie la plus performante - elle procure des débits d'au moins 100 mégabits par seconde - et la plus durable - elle est installée pour au moins 50 ans. Mais c’est aussi la plus onéreuse à mettre en place : le remplacement de l’ensemble du réseau en cuivre par de la fibre optique aurait coûté quelque 600 millions de dollars selon les estimations du ministre. Une mesure « inutile » et surtout « trop coûteuse », a-t-il de fait déclaré. 
La fibre optique a déjà été déployée sur une partie du réseau, la dorsale Internet (backbone en anglais), qui relie les centraux téléphoniques entre eux. Les travaux initiés en 2010 sous le ministère de Charbel Nahas ont été achevés en 2014, mais le réseau « n'est toujours pas totalement opérationnel ». Des « tests effectués en avril ont démontré qu’il était en bon état, mais qu’il devrait être partiellement réhabilité », a-t-il ajouté. Cette réhabilitation, couplée à une modernisation des centraux téléphoniques, devraient assurer une vitesse de téléchargement aux utilisateurs allant de 25 à 100 mégabits. « C'est une vitesse qui est largement suffisante pour l'utilisation domestique », a plaidé Jamal Jarrah, contredisant son prédécesseur qui souhaitait lui, le déploiement de la fibre optique sur la boucle locale, la partie du réseau qui relie les centraux aux habitations. 
 
Pour Jamal Jarrah, la priorité est donc de développer les 301 centraux téléphoniques fixes existant, qui permettent  l’accès à l’Internet haut débit à travers la technologie DSL. « Ces derniers ont été installés en 1994 et leurs capacités sont insuffisantes », a expliqué Jamal Jarrah, ajoutant que le ministère avait enregistré « 85 000 nouvelles demandes d'ouverture de lignes » qu'il n'était pas actuellement en mesure de satisfaire. « Le ministère a donc lancé un appel d'offres fin avril pour moderniser les équipements installés dans ces centraux et leur permettre de fournir une capacité de 200 000 lignes supplémentaires », a-t-il encore noté. Le plan, présenté Lors du salon Smartex, prevoit le passage à une « nouvelle génération » basée sur l'architecture IP Multimedia Subsystem (IMS), ce qui doit permettre de proposer des services Triple Play, soit une offre couplée - Internet, téléphonie et télévision sur le même réseau.  
Sur le plan des politiques tarifaires, le ministère a affirmé souhaiter une « baisse des forfaits Internet », qu’il doit encore soumettre à l’approbation du conseil des ministres, de l’ordre de 20 et 50 % en fonction des abonnements. Il a aussi aussi annoncé la création de nouveaux forfaits mobiles à prix réduits pour les étudiants.
Enfin, Jamal Jarrah a rappelé être toujours dans l’attente du feu vert du Conseil des ministres pour relancer les appels d’offres relatifs à la gestion des réseaux de téléphonie mobile. Aujourd’hui, en effet, les contrats des deux opérateurs (Orascom et Zain) sont prolongés de mois en mois – et ce, depuis plus d’un an - depuis l’annulation en décembre 2015 de l’appel d’offres international lancé en juin de la même année.

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