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Le Terminal 2 de Roissy-CDG fait peau neuve
Muriel Rozelier, Paris, à l’invitation d’Air France-KLM, Mars 2017
Le Terminal 2 de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, où atterrissent pas loin de 1 000 vols par jour, est en pleine rénovation. Le but ? Améliorer l’expérience des clients pour mieux les fidéliser dans un contexte de concurrence accrue entre aéroports européens.


Opération séduction pour le Terminal 2 (T2) de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle : début février, Air France-KLM et Aéroport de Paris (ADP) présentaient à la presse leur plan de développement. Inauguré il y a déjà une vingtaine d’années, le T2 accueille quelque 40 millions de voyageurs par an.
« Les aéroports sont clairement en compétition les uns avec les autres », explique Augustin de Romanet,  PDG du groupe ADP. « Les questions de sécurité après la vague terroriste en 2016 en France nous posent toutefois un défi particulier : comment améliorer “l’expérience” de nos visiteurs et garantir leur sécurité sans que le renforcement des contrôles n’amoindrisse les conditions de leur séjour sur notre site ? »

Montée en gamme

Pour répondre à cette question, Air France et ADP misent sur un plan d’investissement, dont le montant global n’a pas été dévoilé. Il s’agit d’abord de favoriser une montée en gamme des installations du Terminal 2 : les dirigeants des deux compagnies ont ainsi évoqué l’ouverture d’un nouveau salon “business” au Terminal 2G ainsi que la rénovation de celui situé au 2E. Un espace dédié aux enfants non accompagnés (25 000 par an sur le seul site de Roissy-Charles-de-Gaulle) est également en cours de rénovation.  Enfin,  cerise sur le gâteau, Air France-KLM et ADP ont présenté Instant Paris, un “club lounge” ouvert en novembre dernier qui s’inspire des “lofts parisiens” pour donner un avant-goût de la Ville lumière (ou une dernière piqûre de rappel) aux voyageurs. Un hôtel  de la chaîne Yotel (80 cabines) y est même accessible à l’heure ou à la nuit pour les passagers en transit ! « Nous entendons faire de l’aéroport une ville avec toutes ses commodités. L’idée est d’en faire une étape de choix dans le voyage de nos clients : shopping, restauration, culture… Tout sera à disposition pour le retenir », ajoute encore le PDG d’ADP.

Améliorer le temps d’attente

Encore faut-il que les installations suivent. D’où un plan d’investissement pour régler les principaux “points noirs” sur lesquels achoppe encore la « fluidité du trafic passager ». ADP a ainsi budgétisé 500 millions d’euros pour mettre en place un nouveau centre de tri de bagages dès 2018, qui devrait diviser par deux les délais de livraison. Mais c’est surtout du côté des contrôles passagers que les instances de l’aéroport et la compagnie aérienne mettent le paquet. Avec la vague d’attentats et le renforcement des contrôles, les délais d’attente ont en effet doublé. « Nous sommes conscients que cela est à notre détriment », déclare Franck Terner, directeur général d’Air France-KLM. D’où la décision de la compagnie de participer à l’investissement nécessaire pour doubler le nombre de machines Parafe. Ce système de vérification automatisée encore peu utilisé (moins de 3 % des voyageurs) facilite le contrôle d’identité aux frontières. Quarante-cinq nouveaux Parafe devraient ainsi être installés d’ici à juin afin d’atteindre un quota de 20 % de passagers l’employant. « Ce n’est pas à nous “normalement” d’investir dans ces équipements, mais nous pensons que le gain de temps sera un argument pour inciter les voyageurs à prendre nos avions », fait valoir Jean-Marc Janaillac, le PDG d’Air France-KLM. ADP teste par ailleurs un logiciel de reconnaissance faciale, dont l’usage devrait se généraliser dans les prochains mois, pour améliorer encore les délais d’attente. 

Une nouvelle compagnie low-cost

AirFrance-KLM est en pleine négociation avec les syndicats de pilotes de la compagnie en vue de créer une nouvelle compagnie moyen et long-courrier. D’après Franck Terner, directeur général d’Air France-KLM, cette filiale low-cost devra avoir des coûts d’exploitation inférieurs de 20 % à ceux de la maison mère. Positionnée au départ de Roissy, sa flotte ne devrait pas dépasser 18 avions moyen-courriers et 10 avions long-courriers. Frank Terner n’a pas dévoilé la liste des liaisons qu’assurera  cette nouvelle compagnie.


Noms cités : Jean-Marc Janaillac, Franck Terner
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