Irak
La production de pétrole pourrait doubler d’ici à 2020
Pierre Sawaya, Novembre 2012

La production pétrolière de l’Irak pourrait doubler d’ici à 2020, pour atteindre 6,1 millions de barils de brut par jour (mbj), mais au prix d’investissements massifs, a estimé l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Le secteur énergétique irakien, qui tente de se ressaisir après trente ans marqués par les conflits et l’instabilité, « possède les ressources nécessaires (...) à un accroissement rapide de sa production de pétrole et de gaz », note l’AIE, bras énergétique des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans un rapport dévoilé à Londres. Selon le scénario principal établi par l’organisation, l’offre d’or noir de l’Irak atteindrait même 8,3 mbj en 2035. Selon l’AIE, le pays pompait seulement 3,07 mbj en août dernier. Mais pour que cet accroissement fulgurant de son offre d’or noir se concrétise, « il faudra des investissements cumulés de quelque 530 milliards de dollars » d’ici à 2035, soit « à peu près 10 % des revenus pétroliers et gaziers escomptés sur cette période », prévient l’AIE. L’effort le plus important devrait être idéalement fourni sur la décennie actuelle, avec des investissements moyens de plus de 25 milliards de dollars par an d’ici à 2020, ce qui suppose un bond considérable par rapport aux 9 milliards investis en 2011.
« Les champs géants de la région de Bassora (Sud) offrent le plus gros potentiel », mais la production du Kurdistan (nord du pays) pourrait également connaître une augmentation
« substantielle », notent les experts de l’AIE, observant que les contrats accordés par le gouvernement régional en font déjà « une des régions les plus actives du monde pour l’exploration d’hydrocarbures ». Forte de réserves pétrolières prouvées de 143,1 milliards de barils de pétrole et 3 200 milliards de mètres cubes de gaz naturel, parmi les plus élevées du monde, l’Irak pourrait ainsi supplanter d’ici à 2030 la Russie comme deuxième exportateur mondial de brut, juste derrière l’Arabie saoudite. Selon des chiffres gouvernementaux début octobre, le pays avait exporté en septembre 2,6 mbj, un niveau inédit depuis 30 ans. Sur la décennie actuelle, indique l’AIE, « l’Irak représentera environ 45 % de la hausse de la production mondiale de pétrole, ce qui en fera un fournisseur-clé pour les marchés asiatiques » que leur croissance rapide rend de plus en plus gourmands en énergie, et en particulier la Chine.