Égypte
Demande d’un prêt de 4,8 milliards de dollars au FMI
Pierre Sawaya, Octobre 2012

L’Égypte, confrontée à une grave crise économique, a demandé au Fonds monétaire international un prêt de 4,8 milliards de dollars, plus élevé que les 3,2 milliards initialement envisagés. Ce dossier a été au centre d’une visite au Caire de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, au cours de laquelle elle a notamment rencontré le président Mohammad Morsi et son Premier ministre, Hicham Qandil. « Les termes originaux portaient sur 3,2 milliards de dollars (mais) nous avons parlé d’une augmentation jusqu’à 4,8 milliards, peut-être plus », a déclaré M. Qandil lors d’une conférence de presse avec Mme Lagarde. M. Qandil a souhaité qu’un accord soit signé avant la fin de l’année avec un taux de 1,1 % et un remboursement sur cinq ans assorti d’une “période de grâce” de 39 mois. Il a également souhaité que ce soutien financier, une fois conclu, ait un effet d’entraînement pour obtenir des fonds supplémentaires d’autres institutions financières internationales. « Les autorités ont indiqué que l’Égypte souhaitait que le FMI soutienne financièrement le programme économique de l’Égypte pour aider le pays à se rétablir », a pour sa part indiqué Mme Lagarde dans un communiqué. « Remettre l’économie du pays sur les rails et élever les conditions de vie de tous ne sera pas tâche facile », a-t-elle aussi déclaré, ajoutant que « le FMI accompagnera l’Égypte sur ce chemin plein de défis ». L’Égypte connaît depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 une aggravation de sa situation économique, alors que la population a de fortes attentes, en matière de justice sociale notamment. Le tourisme, secteur vital de l’économie, a repris quelques couleurs après avoir plongé l’an dernier, mais sans retrouver ses niveaux d’autrefois. Les investissements étrangers se sont largement taris en raison des incertitudes politiques. Les réserves en devises de la Banque centrale se sont effondrées de 36 milliards de dollars début 2011 à quelque 14,4 milliards aujourd’hui, faisant craindre pour la capacité du pays à honorer ses engagements financiers internationaux et à continuer d’importer des produits de première nécessité, comme le blé. Les subventions qui permettent de maintenir des prix très bas pour de nombreux produits comme le pain ou les carburants sont également menacées par le creusement du déficit budgétaire.
Les discussions sur un prêt du FMI ont été plusieurs fois ajournées depuis un an, en raison notamment de divergences entre les acteurs politiques égyptiens.


Noms cités : Christine Lagarde, Mohammad Morsi, Hosni Moubarak, Hicham Qandil