Égypte
Moody’s confirme la note B2 de l’Égypte, mais maintient sa perspective négative
Pierre Sawaya, Octobre 2012

L’agence de notation Moody’s a confirmé la note B2 de l’Égypte, mais a maintenu sa perspective négative à moyen terme en raison de la situation politique “délicate” que connaît le pays. Moody’s avait abaissé la note de l’Égypte à B2 le 21 décembre dernier, moins d’une année après la chute en février 2011 du président Hosni Moubarak et avant les élections de juin dernier qui ont porté au pouvoir Mohammad Morsi, issu des Frères musulmans. L’agence attribue sa décision de ne pas dégrader la note de l’Égypte « à l’amélioration de la stabilité politique depuis l’élection de M. Morsi » et aux « progrès réalisés par l’Égypte dans une transition politique vers un gouvernement civil ». Moody’s se félicite également de l’amélioration de la balance des paiements et des réserves internationales de la Banque centrale qui « s’élèvent depuis mars à 15 milliards de dollars ». « Même si ce niveau représente une baisse des réserves du pays par rapport aux 36 milliards de décembre 2010, Moody’s note qu’elles sont plus qu’appropriées pour faire face aux paiements des échéances de la dette extérieure dans les 12 prochains mois », a-t-elle expliqué dans un communiqué. L’agence de notation souligne néanmoins que sans le soutien extérieur du Qatar et de l’Arabie saoudite, ces réserves auraient connu une chute plus importante.
Par ailleurs, Moody’s souligne positivement la reprise des négociations entre l’Égypte et le Fonds monétaire international. Le gouvernement égyptien a indiqué le 22 août dernier qu’il avait demandé un prêt de 4,8 milliards de dollars au FMI. Moody’s a cependant décidé de maintenir l’Égypte sous perspective négative et a écarté la possibilité de l’élever de “stable” à moyen terme, en raison de « la situation politique délicate et des pressions élevées sur la balance des paiements ». Elle a averti qu’elle pourrait abaisser la note en cas « d’incertitudes politiques accrues » qui « perturberaient les avancées vers un pouvoir civil ».
Elle procéderait de même si elle constate un affaiblissement de la balance des paiements et une dégradation des réserves internationales.


Noms cités : Mohammad Morsi, Hosni Moubarak