La société de développement et de reconstruction du centre-ville de Beyrouth, Solidere, a annoncé des bénéfices nets consolidés de 224,2 millions de dollars en 2007, en hausse de 69,5 % par rapport à l’année précédente. Mais, à périmètre constant, en excluant les résultats de Solidere International dont elle détient 37 %, le bénéfice net est de 155,9 millions de dollars, en hausse annuelle de 18 %. Il s’agit d’une bonne performance au regard des difficultés rencontrées par la société, affectée au premier chef par le sit-in de l’opposition au centre-ville, sachant qu’elle n’a quasiment pas conclu de ventes en 2007.
Comme pour 2006, le dividende distribué sera d’un dollar par action, ce qui représente la totalité du bénéfice net (155,9 millions de dollars) alors que le bénéfice distribuable est de 194,5 millions de dollars. « Nous avions déjà augmenté fortement le dividende l’année dernière puisqu’il était de 60 cents en 2005 ; franchir le seuil du dollar est une décision lourde qui dépendra des performances à venir », explique le directeur général Mounir Douaidy.
Les bénéfices affichés en 2007 s’expliquent par une hausse de 13,8 % des revenus liés aux ventes de terrains, à 288,5 millions de dollars, alors que les revenus locatifs sont stables à 20,7 millions de dollars.
Les ventes enregistrées en 2007 correspondent à des transactions antérieures. Solidere a ainsi profité l’année dernière de son dynamisme commercial au premier trimestre 2006 au cours duquel des terrains avaient été vendus pour 1,1 milliard de dollars. Ce “backlog” de contrats réalisés progressivement dans les comptes a assuré suffisamment de revenus à la société pendant plusieurs mois, même si la guerre de l’été 2006 et la crise politique qui a suivi ne lui ont pas permis de concrétiser beaucoup plus de ventes depuis.
Fin 2007, Solidere pouvait encore compter sur 914 millions de dollars de transactions conclues mais non réalisées. L’importance de ce montant s’explique en partie par les retards administratifs dus à l’occupation du centre-ville, notamment pour les terrains où étaient implantées les tentes. L’autre raison tient au fait que l’essentiel de ces ventes concerne la zone du remblai. « Nous avons cédé des lots sachant que le transfert de propriété et donc la réalisation comptable ne seraient possibles qu’en 2010, après achèvement des travaux », précise Douaidy.
Solidere pourra donc difficilement compter sur ce “backlog” pour 2008. Le directeur général se veut pourtant raisonnablement optimiste. « Nous avons signé au premier trimestre des transactions réalisables dans le bilan de l’année », dit-il, sans vouloir entrer dans les détails. En tout état de cause, 2008 s’annonce d’ores et déjà meilleure que 2007 en termes de ventes.
Quant aux revenus locatifs, Mounir Douaidy se félicite du fait qu’ils n’aient pas diminué en 2007, malgré des circonstances difficiles. Les retards de paiements, voire les pertes, liés au parc commercial ont en effet été compensés par une hausse relative des revenus du parc résidentiel. « En 2006, nous avions offert deux mois de loyer aux boutiques et aux espaces commerciaux pour les aider à absorber le choc de la guerre. L’année dernière, nous avons opté pour une politique de flexibilité en ce qui concerne les échéances de paiement. Globalement, nous avons peu d’impayés nets, sachant qu’en parallèle, les baux résidentiels arrivés à échéance au bout de six ans ont été renouvelés à des prix plus élevés. »
La lecture du bilan de Solidere fait apparaître une situation financière saine, puisque son endettement à long terme a été réduit à sept millions de dollars à peine en 2007. La société a eu recours à des facilités de crédit pour 181 millions de dollars, remboursables avant la fin 2008, qui lui ont notamment permis de financer sa contribution au capital de Solidere International à hauteur de 220 millions de dollars (37 % des parts) et de poursuivre les travaux des souks et du remblai.
Le premier de ces chantiers devrait assurer 65 millions de dollars de revenus locatifs à partir de 2010, soit plus du triple par rapport à aujourd’hui, explique Mounir Douaidy.
La première phase de ce centre commercial (partie sud) devrait être inaugurée fin 2008-début 2009 dit-il, sans vouloir s’avancer sur une date précise. « Quelque 85 % des espaces commerciaux (hors souk des bijoutiers) ont déjà été loués. » Quant à la partie nord, qui contient notamment les cinémas, elle est prévue pour 2010.