La politique d’investissement dans l’amélioration des infrastructures de télécommunications libanaises et l’explosion des taux de pénétration sur les différents réseaux qui l’ont suivie ont été remarquées par l’Union internationale des télécommunications (UTI). Dans l’édition 2013 de son rapport “Mesurer la société de l’information”, l’agence des Nations unies compare les performances annuelles de ses 157 États membres en termes d’accès aux nouvelles technologies, de leur utilisation effective par leurs habitants et du capital humain permettant d’optimiser cet usage. Pour établir cette comparaison, l’agence agrège tous les ans depuis 2009 onze indicateurs au sein d’un indice de développement des TIC (IDI). Avec un indice de 5,37 pour l’année 2012, le Liban se classe au 52e rang mondial et au cinquième rang arabe d’un classement en tête duquel arrive la Corée du Sud (8,57). Le Niger (0,99) se situe en queue de peloton. Cette performance permet au pays du Cèdre de se situer bien au-delà de la moyenne internationale (établie à 4,35). Le Liban connaît surtout la plus forte progression annuelle de son indice (+0,75 point) et la deuxième plus forte amélioration en termes de classement, derrière les Émirats arabes unis, en gagnant neuf places par rapport à 2011. Le Liban avait déjà été distingué par les auteurs de l’édition précédente du rapport qui avaient placé le pays dans le top 10 mondial des plus fortes améliorations de l’indice. Ils avaient notamment souligné les importants progrès réalisés par le pays en termes d’infrastructures durant l’année 2011 mais pointé du doigt les progrès restant à réaliser en termes d’usage et de pénétration. Un bémol en partie corrigé en 2012 selon les observateurs qui notent que « tandis que le sous-indice mesurant l’accès aux TIC a continué de s’améliorer, le Liban a été capable de traduire ces progrès infrastructurels en une utilisation plus intense des services ». Le rapport appuie notamment ce constat sur l’amélioration sensible des taux de pénétration sur les réseaux Internet fixes – de 5 à 12 % – et mobiles – de 11 à 26 % – observés entre les deux exercices. Il souligne également le caractère décisif de certains investissements, tels que l’amélioration de la connectivité internationale du pays ou l’introduction de la 3G, dans l’obtention de ces résultats.
Les performances libanaises sont moins reluisantes en ce qui concerne le niveau moyen des prix des abonnements de téléphonie et de l’Internet, mesuré par le panier de prix des TIC (“ICT Price Basket”). Cet indice compare les coûts moyens de plusieurs types d’abonnements fixes et mobiles rapportés au PIB par habitant des pays étudiés. Avec un ratio de 2,1 %, le Liban se situe ici au soixantième rang mondial. Cette accessibilité tarifaire est naturellement différente selon les sous-indices : le Liban s’en sort ainsi relativement mieux pour la téléphonie et l’Internet fixes – où il est respectivement classé au 68e (1,7 %) et 61e (2,3 %) rangs mondiaux – que pour la téléphonie mobile où il chute à la 78e place (2,7 %) malgré une baisse de 18 % du ratio due à la poursuite de la politique de réduction tarifaire par les opérateurs.



