Le ministre des Télécommunications Boutros Harb a annoncé le 23 mai l’adoption par le Conseil des ministres de trois décrets réduisant les tarifs des télécommunications sur les réseaux fixes et mobiles. Selon le ministre, ces mesures devraient permettre de corriger les fortes disparités socio-économiques et territoriales en matière d’accès aux services télécoms et contribuer ultérieurement au développement du secteur. Les mesures concernant le réseau fixe, en vigueur au 1er juillet, se traduisent notamment par la gratuité de la mise en service d’une ligne téléphonique (actuellement facturée à 50 000 livres libanaises), tandis que le prix de l’abonnement mensuel baissera de 25 % à 6 dollars. La refonte de la grille tarifaire des abonnements à l’Internet se traduit, elle, par : des baisses de prix oscillant entre 44 % et 68 %, le doublement des plafonds de téléchargement, la baisse de 66 % (à 1,33 dollar) du prix des données hors forfait ainsi que l’introduction, pour la première fois au Liban, d’une offre illimitée en volume de données.

Les modifications tarifaires sur le réseau mobile en vigueur dès le 1er juin prévoient notamment d’offrir soixante minutes de communications par mois pour les abonnements mensuels (toujours facturés à 15 dollars) tandis que le prix de la minute de communication sur les lignes prépayées baisse à 25 cents (-30 %) et celui des SMS à 5 cents (-44 %).
Le plafond de téléchargement est relevé pour les trois offres d’entrée de gamme de l’Internet mobile, ce qui aboutit à une baisse de 48 à 70 % du prix unitaire de la donnée. En revanche, les autres offres varient toujours entre 49 dollars par mois (30 GB) et 149 dollars par mois (40 GB).
  
Selon le ministre, cette baisse générale ne devrait pas impacter négativement les revenus de l’État – les transferts du ministère des Télécoms s’élevaient à 1,43 milliard de dollars ces deux dernières années – dans la mesure où elle se traduirait par une augmentation importante des usagers. S’agissant du réseau fixe, le ministère a communiqué des estimations internes faisant état d’une hausse d’environ 14,5 millions de dollars des revenus engendrés sur ce réseau la première année. Aucune prévision chiffrée n’a en revanche été fournie pour le réseau mobile qui représente la grande majorité des revenus du secteur. Le ministre a cependant estimé que les retombées positives « directes et indirectes » de ces modifications tarifaires devraient compenser leur effet prix sur les finances publiques.