Vérité première : le cellulaire est devenu le business du siècle ; mais cela ne veut pas dire que l’argent facile devient la règle. Il faut savoir opter pour les bonnes machines et choisir les tarifs optimaux pour chaque service. Booz Allen a étudié la question.*
S i le téléphone mobile se répand de
plus en plus partout dans le monde, y
compris dans notre région et au Liban,
c’est parce que, entre autres raisons, il ne
s’adresse plus seulement aux adultes. Il
concerne la population de toutes les tranches
d’âge, en fait de plus en plus jeune. Ceci expliquant
cela, ses fonctions se sont diversifiées
beaucoup plus que ce qu’on pensait au début.
Et, parmi ces fonctions, le volet divertissement
prend une ampleur inattendue. Les opérateurs
ne pouvaient alors qu’étendre leurs offres en
conséquence.
Au Moyen-Orient, les efforts pour s’adapter
sont légion, à commencer par une restructuration
des marchés et l’avènement d’un
modèle concurrentiel. Dubaï a déjà mis fin au
monopole et le Qatar est en cours. En fait,
presque tous les pays, sauf le Liban, suivent
cette tendance. La compétition fait que les
services sont naturellement meilleurs, mieux
adaptés, avec un service davantage personnalisé,
une réduction des coûts et des services
sur mesure. Les pays, rares, du Moyen-Orient
qui continuent à privilégier un monopole d’État,
et proposent une offre limitée, ne pourront
plus fonctionner ainsi longtemps.
Côté business, les différents services
“annexes” de la téléphonie mobile (son,
image, jeux, vidéo…) constituent maintenant
la plus grande opportunité du nouveau marché
de l’industrie des télécommunications. La
croissance annuelle des dépenses de la téléphonie
“vocale” – n’incluant que les appels –
sera seulement de 4 % pour les prochaines
années. Contrairement aux autres services
offerts par le cellulaire : photo, caméscope,
agenda électronique ou courrier électronique…
Le succès phénoménal – et insoupçonné
– des SMS utilisés pour voter à la télévision,
recevoir des informations, ou appeler la
petite amie, montre que l’interactivité est un
moyen peu coûteux pour attirer les masses.
Les opérateurs ne veulent pas se cantonner à
fournir une connexion à un réseau : ils vont
eux aussi se positionner pour profiter de tous
les aspects de l’expérience du “sans-fil”.
LES SCÉNARIOS DU BUSINESS
En 2002, les dépenses dans le secteur de
l’ensemble des services, hors appels “normaux”,
en Europe, aux États-Unis et en Asie
atteignaient 32 milliards $. Jusqu’en 2007,
ces dépenses auront une croissance de 24 %
par an. Au Moyen-Orient, on n’en est pas
encore là. Une croissance significative dans la
région dépendra de l’installation d’infrastructures
conséquentes. Presque tous les opérateurs
du Golfe et du Moyen-Orient ont accès
au GPRS et peuvent utiliser le WAP. Les MMS
(Multimedia Messaging) sont en train d’être
accessibles dans la plupart de ces pays. La
qualité du réseau reste cependant un élément
important pour rester compétitif.
Afin que les opérateurs fassent évoluer leur
mode de travail, deux scénarios de base ont
été observés :
- La première option est d’adopter un mode
de connexion à bas prix, avec peu de
risque, mais une plus faible croissance.
L’objectif est alors d’augmenter peu à peu
le nombre d’utilisateurs et le volume de
transmissions de données.
- La seconde option est d’opter pour un coût
élevé, à haut risque, mais avec une valeur
ajoutée plus importante des services intégrés.
La mise en place des services intégrés modifie
également le modèle des prix. Il n’y a pas
forcément de lien entre le volume des données
chargées (musique, son, vidéo…) et la
perception de leur valeur par le consommateur.
Il est important aussi de trouver le bon
mode de paiement. Près des 2/3 des
consommateurs européens, par exemple,
préfèrent payer chaque information téléchargée
(à l’unité), contre 14 % préférant payer
selon le volume d’informations (en Mb). Au Moyen-Orient, les services MMS sont généralement
taxés par transactions.
Dans les pays du Golfe, les appels vocaux
représentent toujours la part dominante, avec
92 % des revenus totaux en 2003. On prévoit
que cette part va être réduite à 85 % en 2007.
Une diminution due, à la fois, aux réductions
des prix des appels et à l’émergence du revenu
des services de données. Ce dernier ne
dépassait pas 470 millions $ en 2003 sur 7,8
milliards de revenus totaux des services du
mobile. Le Moyen-Orient a certes fait d’immenses
progrès dans ce domaine ces cinq
dernières années, mais la bataille et la compétition
sont loin d’être terminées.
(*) Cet article est une adaptation très abrégée de trois
grandes études établies par le consultant international
Booz Allen Hamilton, dont le bureau régional est basé
à Dubaï (dirigé par Karim Sabbagh).
Équipement des appareils cellulaires
Équipement Part (2004)
Bluetooth 18 %
Caméra 14 %
Écran couleurs 50 %
Nombre d’envois de SMS
dans le monde
SMS En 2004
Envois en moyenne/mois 36/usager
Nb. total d’envois 135 milliards
Les chiffres-clés du cellulaire
Nombre d’usagers du mobile
dans le monde
Parties Nb. en millions Nb. en millions
du monde (fin 2003) (fin 2004)
Europe 320 342
Chine 200 300
États-Unis 140 140
Afrique 49 72
Monde entier 1 300 1 520


