Il n’est pas facile, lorsqu’on ne possède pas le réseau, de faire la différence. Les premières tentatives technologiques de MTC ont commencé à porter leurs fruits. Entretien avec Saad Nasir, directeur commercial.

Quelles sont les dernières données
concernant le nombre des abonnés de
MTC Touch ?
Au 28 février 2005, le nombre total d’abonnés
au réseau a dépassé les 450 000, ce qui
représente une augmentation de plus de 10%
par rapport au 30 juin 2004, date de notre
entrée en fonctions.
Quelles sont les marges de manoeuvre
respectives de la société et de l’État ? Et,
à la lumière de votre marge de
manoeuvre, que prévoit MTC en termes de
nouveaux services et projets ?
Le gouvernement libanais, rappelons-le, est le
propriétaire du secteur de la téléphonie mobile.
La relation avec le ministère est donc celle
d’un propriétaire avec son gestionnaire.
Lorsque nous avons pris en main les opérations
au Liban, notre première action a été de
changer le nom et le caractère des produits,
pour des raisons impératives de propriété
intellectuelle. Le 16 janvier 2005, nous avons
lancé le Réseau intelligent (Intelligent
Network), qui est déjà disponible à nos abonnés
aux cartes à MTC Vodafone au Koweït et
à Bahreïn, à MTC Atheer en Irak et à Fastlink
en Jordanie. Un réseau qui présente beaucoup
d’avantages tout en maintenant le
même prix.
Ainsi, Magic Orange est d’abord plus transparent,
car la facturation ne s’effectue plus en
unités, mais en monnaie, et les nouvelles
cartes à gratter pour la recharge portent leur
prix sur elles (hors TVA). Ces mêmes cartes de
recharge permettent aujourd’hui à l’abonné
d’envoyer des SMS, sans avoir besoin de se
recharger séparément. De même, il peut
consulter son compte et vérifier gratuitement
le coût et les détails des 3 dernières communications
effectuées. Enfin, la Magic Orange
donne un accès gratuit aux deux services les
plus demandés : le renvoi d’appels et les multiconférences,
en plus des services Clip, appel
en attente et l’international. Des services supplémentaires
seront ajoutés dans l’avenir.
Nous prévoyons enfin d’ajouter davantage de
lignes à notre réseau d’ici à 36 mois.
Est-il vrai que si un opérateur est performant
(abonnements et revenus), il aura
droit à une commission supplémentaire ?
Oui. En tant que gestionnaire, nous sommes
incités à générer des revenus supplémentaires,
pour atteindre les indicateurs de performance
KPI (Key Performance Indicators).
Durant la phase de transition, il y a eu
beaucoup de changements. Que reste-t-il
à faire ? Les abonnés doivent-ils encore
subir des désagréments ?
L’industrie de la téléphonie mobile est très
dynamique, et nous devons être en permanence
créatifs et rapides à offrir les dernières
nouveautés. Jusqu’à présent, nous avons pu
stabiliser l’opération au niveau du réseau, de
l’emploi, des services et des compétences
techniques. Nous avons déjà achevé le lancement
du nouveau nom, tandis que la substitution
des cartes est en cours et, très bientôt,
nous aurons le plan de numération qui est
actuellement en préparation conjointe avec le
ministère des Télécommunications. Malgré
les remous politiques, nous prévoyons une
bonne saison touristique cet été pour laquelle
nous devons nous préparer.
Pouvez-vous comparer les prix et les services
que MTC fournit au Liban, avec ceux
qu’elle fournit sur d’autres marchés où
elle opère ?
Ceci n’est pas comparable, car nous ne
sommes pas propriétaires du réseau au Liban,
comme c’est le cas pour nous au Koweït, à
Bahreïn et en Jordanie. C’est le gouvernement
qui décide seul de tout changement des prix.
Il ne fait pas de doute que les télécommunications
au Liban sont très onéreuses, et nous
espérons
contribuer à
rendre leur
coût plus efficace
par
l’amélioration
et l’introduction
de nouveaux services à nos clients. Nous
avons beaucoup d’idées et une bonne
expérience dans la région pour l’introduction
de prix agressifs et de coûts efficients.
Dans une première étape, notre plan de
travail, comprenant les dépenses de capital
pour tous les investissements nécessaires,
a été présenté au ministère des
Télécommunications pour approbation.
Lorsque nous obtiendrons le feu vert du
ministère, nous développerons le secteur
de façon à suivre les standards mondiaux.
Il faut savoir que, dès juin 2004, lorsque MTC
est entrée en fonctions, la société a reçu une
proposition du gouvernement contenant 7
moyens possibles de réduire les tarifs, parmi
lesquels : une baisse directe en pourcentage,
l’introduction de tarifs préférentiels pour les
heures creuses, une facturation basée sur les
fractions de minutes au lieu des minutes
entières, et des tarifs réduits pour les numéros
les plus demandés par le client.
Quels sont les plans de MTC sur le marché
libanais, au-delà de son rôle d’opérateur
de réseau ?
Où que nous allons, notre plan est de devenir
actionnaires aussi bien que gestionnaires.
Nous allons sûrement travailler à un
plan d’actionnariat, comme tous ceux qui
présenteront des propositions au gouvernement.
Il existe une direction stratégique
prise par le gouvernement libanais de privatiser
le secteur des télécommunications.
Le contrat de gestion a été considéré
comme une période intérimaire avant d’arriver
à la privatisation.