Energies renouvelables : les investisseurs suspendus à une révision de la loi 462
28-05-2012 | par R.P. | source: CDL
Mots clés : Energies renouvelables, électricité, Albert Khoury

Mardi 7 mai, l’homme d’affaires Albert Khoury, déjà détenteur de la concession d’électricité d’Aley, organisait une conférence au Four Seasons de Beyrouth pour « lancer » son projet de parc éolien dans la région du Akkar (Liban-Nord).

L’événement s’apparente en fait à une opération de communication pour rappeler à tous – pouvoirs publics et citoyens – qu’il est possible de produire des énergies renouvelables au Liban. Car le lancement véritable est tributaire d’une révision de la loi sur le secteur de l’électricité, voulue par le ministère de l’Energie, mais pas encore appliquée.

Baptisé Hawa Akkar, le projet d’Albert Khoury prévoit l’implantation de 20 à 30 éoliennes de 120 mètres de haut, pour une puissance totale de 60 MW/h, et pouvant alimenter 60.000 logements. L’investissement est estimé à 100 millions de dollars.

L’objectif s’inscrit dans la logique de l’évolution du secteur telle qu’énoncée dans le programme du ministre de l’Energie, Gebran Bassil, et approuvée par le Conseil des ministres en juin 2010. Le gouvernement fixe les orientations du secteur de l’énergie pour les années à venir, et envisage une production d’électricité par éoliennes de 60 à 100 MW/h dans le pays d’ici à 2013.

Seul problème, la loi 462 de 2002, qui réglemente le secteur, ne prévoit pas la possibilité pour un investisseur privé de vendre de l’électricité au Liban. Electricité du Liban (EDL) conserve un monopole sur la production, le transport et la distribution d’énergie. De source proche du ministre, on assure soutenir tout projet de production d’électricité à partir des énergies renouvelables, y compris celui d’Albert Khoury. Plusieurs investisseurs seraient prêts à se lancer. « Mais tant que le cadre légal n’évolue pas, aucun ne peut se concrétiser ».

En 2011, Gebran Bassil a soumis au Conseil des ministres un projet de loi modifiant la loi 462 prévoyant la fin du monopole d’EDL. Sur le segment de la production, la compagnie publique deviendrait ainsi un opérateur comme un autre. Toute compagnie privée pourrait investir dans le secteur, et vendre de l’électricité sans passer par EDL.

Le Conseil des ministres, toutefois, n’a pas adopté le projet, préférant attendre la fin des travaux de la commission ministérielle chargée de proposer une révision de la loi 462. Une commission « qui ne rendra pas ses conclusions avant plusieurs mois, au moins », indique-t-on de même source.
 


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