De nouveaux marchés d'export pour l’agriculture biologique libanaise
03-07-2012 | par M.R.
Mots clés : Institut méditerannéen de certification, IMC, Bio, AB

L'Institut méditerranéen de certification (IMC) vient de signer une série d’accords avec des organismes de certifications équivalents dans le monde. L'IMC garantit 70% de la filière de l’agriculture biologique (AB) au Liban.

But de l’opération d'aujourd'hui ? Aider à la reconnaissance des produits libanais, estampillés AB, et favoriser leur exportation vers de nouveaux marchés.

« Jusqu’à présent, la certification IMC permettait aux producteurs libanais de garantir la qualité « biologique » de leurs produits sur le marché libanais. Mais pas à l’étranger. Pour exporter, le producteur devait demander en plus une certification selon le pays visé. Ce qui représentait un délai et, surtout, un coût supplémentaires », explique Veronica Pecorella, responsable marketing d’IMC, sans pour autant être en mesure de fournir un ordre de grandeur de ce surcoût.

« Chaque organisme facture selon ses propres normes : IMC, par exemple, exige 5000 dollars environ pour le processus de certification. Un tarif auquel s’ajoute entre 100 à 500 dollars par an, selon la taille des exploitations, de frais de suivi et de contrôle. Désormais donc, la garantie IMC suffira pour ouvrir les portes des marchés étrangers aux produits bio libanais.

L'annonce de ces accords intervient dans un contexte morose pour l’agriculture libanaise. En cause ?  La chute des exportations destinées aux marchés arabes du Golfe, débouché naturel de l’agriculture libanaise. Les marchandises libanaises, qui transitaient auparavant par la Syrie, se trouvent désormais bloquées, du fait de la guerre, à la frontière. 

Dans ces conditions, la perspective de nouveaux débouchés, notamment européens, donne du baume au cœur à certain nombre d’agriculteurs et devrait favoriser le passage d’une culture conventionnelle à une culture biologique. A ce jour, le bio représente moins de 1 % du total des surfaces agricoles cultivés au Liban avec seulement 2180 hectares dédiés et environ 250 fermes spécialisés (source : ministère de l’agriculture, 2008). « La production bio en Europe ou aux Etats-Unis n’est pas suffisante pour répondre à la demande des consommateurs locaux », fait valoir Lino Nori, président de Biologico, une entreprise italienne qui promeut l’agriculture biologique et dont dépend IMC. Lino Nori ajoute : « En 2010, dernier chiffre connu, le secteur de l’agriculture biologique était en croissance de 10 % dans l’Union européenne, et de 20 % aux Etats-Unis. En Europe, le consommateur recherche, par exemple, des légumes ou des fruits hors saison d'été. le Liban dont la production est en avance par rapport aux pays occidentaux aurait ici une carte à jouer. » Autre débouché possible, le vin. La France importe 30 % de vin bio pour répondre à la demande en hausse des consommateurs.


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