Un article du Dossier

Une année d’expectative sur les marchés financiers

Le “private equity” regroupe les activités qui consistent à investir des fonds dans le capital d’entreprises non cotées en Bourse. Moins réputé que les marchés d’actions ou de dettes, ce type de placement est pourtant très bien perçu des investisseurs, notamment institutionnels, qui s’intéressent aux petites et moyennes entreprises. Selon Christina Azouri, Senior Investment Advisor au Crédit agricole suisse, ce segment de marché des PME représente aujourd’hui près de 75 % des investissements réalisés en private equity contre seulement 19 % en 2006. « Le segment des petites et moyennes entreprises continue d’offrir la possibilité de jouer sur les trois leviers de création de valeur : l’arbitrage du multiple de valorisation, le recours à l’endettement bancaire et, enfin, l’amélioration des résultats opérationnels, qui sont coûteux et quasi impossibles à obtenir pour les grandes entreprises », explique-t-elle. Seuls quelques gérants de fonds de private equity peuvent toutefois prétendre avoir l’expertise et l’expérience opérationnelles nécessaires pour garantir une bonne performance. Il est également possible d’investir dans de la dette privée, notamment grâce aux nombreux programmes de cession d’actifs des banques. « Il y a de nombreuses opportunités avec des décotes élevées et un profil de risque limité », ajoute Christina Azouri. Les acquisitions avec effet de levier, ou “LBO” (leverage buy-out), sont les instruments les plus populaires en termes de dette à taux variables. Cela consiste à racheter une entreprise en ayant recours à l'endettement bancaire ou obligataire engendrant un effet de levier.       « Nous recommandons les LBO sponsorisées par des gérants de private equity de premier rang », annonce la spécialiste. La stratégie existe aussi avec l’immobilier. Le Crédit agricole suisse conseille de profiter de la baisse de prix de certains actifs suite à la récente réduction de l’offre de crédit immobilier de la part des grandes banques d’investissement européennes.
Les hedge funds, fonds de placement à risques largement boudés par les investisseurs depuis la crise de 2008, reviennent progressivement sur le devant de la scène. Ils proposent en général un rendement élevé moyennant un investissement initial conséquent. Leur handicap est qu’ils sont peu liquides. Ils emploient souvent des stratégies de spéculation à travers des produits dérivés ou la vente à découvert entre autres. « Ils sont une diversification intéressante dans un portefeuille, mais il faut faire du cas par cas, se renseigner sur les performances du gérant du fonds avant de lui confier son argent », prévient Nadim Kabbara, qui dirige le département recherche de la FFA Private Bank.

Immobilier : réservé aux experts

L’immobilier est un placement qui depuis quelques années fait peur. La crise américaine a éloigné pendant un temps les investisseurs, qui peinent à s’y retrouver aujourd’hui. « La forte baisse s’est interrompue aux États-Unis », remarque Nadim Kabbara. Beaucoup de biens sont donc sous-évalués. « Il y a de bonnes opportunités sur le long terme », confirme l’économiste de l’Université de Balamand Paul Douaihy.
En Europe, les grandes villes sont des valeurs sûres, mais plutôt onéreuses. Seul Berlin peut proposer encore quelques biens sous-évalués. « Ce n’est pas forcément le bon moment pour investir dans la pierre dans les capitales européennes, car cela nécessite d’acheter des euros et en outre les États décideront probablement de hausser les taxes sur l’immobilier», remarque Albert Letayf, président d’Optimum Invest.
Pour Toufic Aouad, directeur général de la banque privée Audi-Saradar, il est toujours plus prudent de s’intéresser aux marchés familiers. Albert Letayf conseille, lui, de confier la gestion à des fonds, qui peuvent acheter des actifs dépréciés.
 

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