Dans son dernier rapport trimestriel, la
Banque Audi revient sur l’impact financier
de la guerre qui a été relativement moins
important que les pertes de l’économie réelle.
La Banque Audi estime que la croissance sera
nulle au meilleur des cas en 2006, voire négative,
alors que l’activité augmentait à un rythme
de 5 % avant-guerre. Dans son dernier rapport
trimestriel, elle signale par ailleurs que l’impact
financier de la guerre a été davantage maîtrisé.
Les pressions sur les marchés financiers se
sont graduellement apaisées au cours de la
dernière semaine d’hostilités et de manière
plus prononcée depuis la date d’entrée en
vigueur du cessez-le-feu, souligne le rapport.
Sur le marché des changes, le mouvement de
conversions vers le dollar observé au cours des
deux premières semaines s’est ensuite calmé.
La tendance s’est même inversée avec la cessation
des hostilités. Au total, ces conversions
ont représenté 2,4 milliards de dollars pendant
le conflit, selon la Banque Audi, soit 14 % des
dépôts en livres, contre six milliards de dollars
durant la période qui a suivi l’assassinat de
l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. La dollarisation
a ainsi augmenté à 76 % des dépôts,
contre 72 % avant-guerre, mais elle est restée
en dessous du pic de 80 % atteints en 2005,
après l’attentat du 14 février, et bien en dessous
de 92 % enregistrés en 1987.
Fin août, les avoirs en devises de la Banque centrale
ont regagné leur niveau d’avant-guerre, à
13 milliards de dollars, en tenant compte des
dépôts saoudiens et koweïtiens totalisant 1,5
milliard de dollars et des certificats de dépôt en
devises additionnels des banques commerciales
qui ont totalisé un milliard de dollars, poursuit le
rapport. Depuis le 14 août, la demande de liquidités
en devises a chuté, le taux d’intérêt au jour
le jour affichant à nouveau son niveau normal de
4 %, après avoir atteint un niveau record de
30 % au plus fort de la guerre.
Comme au lendemain de l’assassinat de
Rafic Hariri, des capitaux sont sortis du pays,
mais de façon limitée en termes absolus et
relatifs, note la Banque Audi. Les dépôts ont
diminué de 2,1 milliards de dollars depuis le
début des hostilités, soit une baisse de 3,5 %
sur un total de 60 milliards de dollars de
dépôts. Le niveau de liquidités des banques
commerciales dépasse les 21 milliards de
dollars, ce qui représente près de 50 % des
dépôts en devises, un ratio très élevé par rapport
aux normes régionales et internationales
qui assure une résilience considérable en
période de crise, souligne le rapport. La
Banque Audi signale aussi que la moitié des
dépôts retirés du système bancaire local ont
été placés dans les succursales des banques
libanaises à l’étranger.
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