Pour l’afficheur Group Plus, la guerre en
général et la fermeture de l’aéroport en particulier,
pèsent lourd. Cela faisait cinq ans que le
groupe de Georges Chehwan détenait la représentation
exclusive de l’aéroport, soit environ
800 m2 de surface exploitable en intérieur et
extérieur, pour des tarifs s’échelonnant de 1 000
à 1 500 dollars par mètre carré et par mois. Le
marché de l’aéroport contribuait pour 20 % au
chiffre d’affaires annuel du groupe. La perte est
d’autant plus lourde que Group Plus – qui verse
tous les six mois une somme forfaitaire à l’aéroport
pour la location des espaces – avait déjà
payé les mois au cours desquels l’aéroport a été
fermé. Il pourra difficilement récupérer le
manque à gagner d’ici à la fin de l’année et, en
2007, le marché a de fortes chances de lui
échapper. Une autre régie, Specom, devrait en
principe prendre la relève en janvier prochain
pour quatre ans. Group Plus essaie malgré tout
de négocier une compensation. Une option
consisterait à prolonger son contrat de deux
mois supplémentaires en remplacement des
deux mois de fermeture, mais ce serait un pisaller.
« Juillet et août constituaient 40 % de notre
chiffre d’affaires annuel, explique Tony Khoury,
directeur des ventes du groupe. Même si nous
obtenons une rallonge de deux mois, février et
mars ne représenteront rien par rapport à l’été. »
Le groupe aura aussi du mal à compenser ses
pertes grâce au reste de son réseau au Liban
ou aux autres activités du groupe. La fréquence
des campagnes publicitaires a chuté de 12 à 13
par semaine, il y a trois mois, à deux ou trois au
maximum aujourd’hui. Les prix de l’affichage
hors aéroport sont réduits de moitié, de 60 dollars
la semaine à 30 dollars. « Nous sommes
obligés de consentir des réductions pour amortir
les frais fixes qui sont très importants dans le
secteur de l’affichage, soupire Khoury, selon qui,
actuellement, ces charges représentent plus de
80 % du prix de vente. » La gifle est difficile à
encaisser pour cet afficheur qui, au 1er juin, avait
réservé la totalité de ses 2 400 panneaux jusqu’à
la deuxième semaine de septembre. « Les
distributeurs n’ont pas reçu leurs marchandises.
Certains ont subi des dégâts matériels. Dans les
circonstances actuelles, la publicité n’est pas la
priorité des entreprises et je n’ai pas le coeur à
aller solliciter les annonceurs. » C’est aussi la
raison pour laquelle la publication du mensuel
Allo, propriété de Chehwan, est suspendue jusqu’à
fin décembre.