Malgré les pertes, Total continue d’investir au Liban
Total-Liban est la seule filiale d’un groupe pétrolier international présente au Liban. Son réseau d’environ 180 stations-service assure des ventes de près de 280 000 tonnes par an, soit une part de marché de l’ordre de 20 %. Malgré les pertes subies, son directeur général Vincent Maumus reste optimiste.
Comment vous avez géré la guerre
et le blocus ?
Total-Liban a continué à approvisionner son
réseau régulièrement et équitablement pendant
toute la durée de la guerre et vendu à d’autres
distributeurs une partie de son stock d’essence
qui était de 20 millions de litres le 12 juillet, soit
l’équivalent de 20 jours de nos ventes et quatre
jours pour l’ensemble du marché en situation
normale. Comme la guerre a provoqué une baisse
considérable de la consommation – de 30 à
50 % –, les stocks exprimés en nombre de jours
ont augmenté mécaniquement. Nous avons
décidé de les écouler progressivement en révisant
proportionnellement notre programme de
livraisons journalières qui ont été de l’ordre de
500 000 à 600 000 litres par jour. Le 2 septembre,
malgré le blocus, nous avons pris
livraison d’une cargaison de 30 000 tonnes.
La moitié a été mise à disposition d’autres
sociétés de distribution pour permettre un
réapprovisionnement du marché, dont les
stocks étaient pratiquement épuisés.
Avez-vous subi des pertes ?
Oui, elles se chiffrent en plusieurs millions de
dollars. Outre les installations communautaires
de stockage à l’aéroport de Beyrouth,
14 stations ont été touchées, dont deux nous
appartiennent en propre. Huit d’entre elles
ont été sérieusement atteintes ou détruites.
Avez-vous ou allez-vous modifier
votre politique salariale ?
Tous les salariés (86 inscrits dans les effectifs
de Total-Liban et 142 dans sa filiale de
gestion de stations-service) ont conservé leur
emploi et leur salaire. Aucune dégradation de
notre politique salariale n’est envisagée.
Comment envisagez-vous l’activité
des prochains mois ?
L’année 2006 devrait globalement se solder
par un chiffre d’affaires représentant 90 %
des ventes de 2005. Nous espérons revenir au
niveau de 2005 l’année prochaine pour les
consommations privées (ventes sur le réseau
de stations-service qui représentent l’essentiel
de notre activité). Il faut cependant redouter
une reprise plus lente pour les ventes directes
aux petites et moyennes industries dont beaucoup
ont été durement touchées.
Allez-vous modifier votre stratégie
de développement ?
Nos plans sont maintenus, ils sont simplement
retardés d’environ deux mois, l’effort
étant centré sur la remise en état des sites
impactés. Total-Liban investit entre deux et
trois millions de dollars chaque année dans le
développement de nouvelles stations, la
modernisation du réseau de stations-service,
les équipements de sécurité et de défense de
l’environnement.
Comment percevez-vous l’évolution
du marché libanais et quelle est
sa place dans le groupe Total ?
Le marché pétrolier a montré son dynamisme
et il a su rebondir à maintes reprises.
Nous sommes tout à fait confiants dans sa
capacité à surmonter cette nouvelle épreuve.
Le groupe Total a marqué son attachement
au Liban et à sa filiale depuis sa création
en 1951, y compris pendant ses
années les plus difficiles. Si la taille du
marché libanais est modeste, notre position
de leader avec 20 % du réseau lui donne un
caractère stratégique.


