L’Oréal prévoit déjà la reprise
Marco Fabien, PDG de L’Oréal-Liban, affirme que la filiale du géant français des cosmétiques continuera de desservir le Proche-Orient à partir de Beyrouth où elle s’est implantée il y a six ans.
Comment avez-vous géré la crise ?
La priorité a été donnée à la sécurité de nos
collaborateurs et de leur famille. Nous avons
limité les déplacements et nous avons
demandé à une équipe restreinte de ne travailler
que sur les affaires urgentes et importantes.
Heureusement, nous n’avons à déplorer
aucune victime parmi les 150 collaborateurs
de L’Oréal.
L’été est-il généralement important pour
vous en termes de ventes ?
Oui, il s’agit de la période la plus importante
de l’année pour toutes nos activités : que ce
soit pour les produits de grande diffusion
comme L’Oréal ou Garnier, ou pour les produits
de luxe, avec Lancôme ou Armani.
Allez-vous réviser à la baisse vos prévisions
sur l’année ?
Nos ventes ont été très affectées pendant la
guerre. La plupart de nos clients ont suspendu
leurs achats par prudence. Mais il est encore
trop tôt pour établir un bilan complet. Pour
L’Oréal-Liban, le premier semestre avait été
excellent et les perspectives pour le deuxième
étaient aussi très bonnes. La crise a effacé une
bonne partie de la croissance déjà enregistrée.
Tout va maintenant dépendre de la vitesse de
reprise de l’activité dans les magasins.
Avez-vous ou allez-vous modifier votre
politique salariale ?
Les salaires ont été et seront versés intégralement.
La réactivité des équipes a permis à L’Oréal de reprendre une activité normale
dès le 16 août.
Comment envisagez-vous l’évolution de
votre activité dans les prochains mois ?
La reprise sera progressive. Il faut attendre la
fin du ramadan et des fêtes de fin d’année
avant d’envisager un retour à la normale.
Mais d’ores et déjà, le mois de septembre est
meilleur que ce que nous anticipions.
Allez-vous modifier votre stratégie de
développement ou maintenir vos plans
antérieurs à la guerre ?
Nous ne modifions pas notre stratégie à
moyen terme. Beyrouth reste le centre régional
de L’Oréal pour le Proche-Orient. Nous
maintenons intégralement notre structure à
Beyrouth. Nous avons, par exemple, repris
notre effort de formation : en septembre, une
douzaine de collaborateurs ont suivi des
stages en Europe.
Comment percevez-vous l’impact de la
guerre sur l’évolution de votre secteur ?
Par chance, peu de nos clients ont été touchés.
Ceux qui avaient des projets d’ouverture
ou de rénovation de leur point de vente ou
de leur salon de coiffure disent les maintenir.
Je suis donc confiant sur le dynamisme de ce
secteur.
Votre appréciation du marché libanais et
de sa place dans la région a-t-elle été
modifiée ?
Le marché libanais réagit très vite. C’est pour
cela que nous avons prévu de grands lancements
pour cette fin d’année sur toutes nos
grandes marques (Lancôme, L’Oréal ou
Maybelline). Par ailleurs, en tant que centre
régional, L’Oréal-Liban va profiter de plus en
plus de la bonne santé économique environnante.
Grâce aux prix élevés du pétrole, le
Proche et le Moyen-Orient sont une des
régions où le taux de croissance de l’économie
est l’un des plus dynamiques au monde.


