Le secteur de l’automobile a particulièrement
souffert du blocus. Si la chute
des ventes a été relativement limitée
en juillet (-21 %), car la guerre ne s’est
déclenchée que le 12 du mois, en revanche,
elle a été très forte en août.
Les statistiques de l’Association des importateurs
de voitures neuves, qui sont recoupées
mensuellement avec celles du service de la
Mécanique, sont fondées sur la date d’enregistrement
des véhicules et non pas celle de la
vente. Ainsi, des voitures commandées en juin et
livrées en juillet sont-elles répertoriées en juillet.
Le mois d’août a donc été doublement pénalisé
par la rareté des ventes d’une part et l’impossibilité
d’importer les véhicules de l’autre, explique
le président de l’Association, Samir Homsi. Au
total, 266 voitures ont été vendues en août,
contre 1 451 le même mois de l’année dernière,
soit une baisse de 82 %. Grâce aux
fortes hausses enregistrées au premier
semestre, les ventes cumulées sur les huit premiers
mois restent toutefois supérieures de
3,7 %, à 10 898 voitures neuves, par rapport à
la période correspondante de 2005.
La baisse du chiffre d’affaires s’accompagne
d’une augmentation des dépenses liées aux
frais occasionnés par le blocus. Si certains
importateurs ont été en mesure de rendre les
voitures commandées au fabricant, qui les a
vendues sur d’autres marchés, et de rembourser
les arrhes versées par les clients, d’autres
concessionnaires sont obligés de payer des
frais de port, leurs véhicules étant stockés dans
des entrepôts à Larnaca, Tartous, ou ailleurs.
Ils sont aussi exposés à des risques d’annulation
de la part de la clientèle.
À ces coûts exceptionnels s’ajoutent des
charges financières importantes liées au stock
relativement élevé de véhicules détenu par les
concessionnaires qui pensaient satisfaire une
Annulation du Salon de l’auto
L’assemblée générale de l’Association
des importateurs de voitures neuves a
décidé, pendant la guerre, d’annuler le
Salon de l’automobile qui devait se tenir
en novembre à Beyrouth. L’événement
permet généralement de dynamiser les
ventes du secteur.
Top 10 des marques
Nb. de voitures vendues*
1 Toyota 1 529
2 Nissan 1 235
3 Kia 1 000
4 Peugeot 866
5 Renault 813
6 Honda 702
7 Hyundai 631
8 Chevrolet 539
9 BMW 376
10 Mercedes 273
(*) Sur les huit premiers mois de 2006.
demande tirée à la hausse par le dynamisme
du secteur touristique. Les ventes de juin préfiguraient
en effet un bon été.
Les sociétés de location de voitures et les
compagnies de taxi ont finalement renoncé à
l’achat de centaines de voitures. Pour que
ces entreprises survivent à la crise, le
ministre du Tourisme a proposé d’allonger de
deux ans le délai de trois ans au bout duquel
elles doivent renouveler obligatoirement leur
parc, mais la mesure n’a pas encore été examinée
en Conseil des ministres. « Je suis favorable
à ce prolongement, même si nos ventes
en seront affectées provisoirement, car il s’agit
de préserver cette clientèle importante à long
terme », déclare Samir Homsi.
Le président de l’Association souhaite toutefois
que l’État soutienne aussi le secteur automobile
à travers l’annulation provisoire des droits
d’enregistrement qui permettrait de dynamiser
les ventes. « Pour l’État, la mesure ne serait
pas très coûteuse, car, même s’ils sont élevés,
ces droits ne représentent que 5,3 % du prix
du véhicule, alors que les droits de douane
comptent pour beaucoup plus. » Ils sont de
20 % du prix (assurance et transport inclus)
pour la tranche allant jusqu’à 20 millions de
livres et de 50 % au-delà. « Le Trésor préserverait
au contraire un certain niveau de recettes
douanières si les ventes redémarrent au Liban.
Sinon, nous serons obligés de livrer les véhicules
sur les marchés arabes, ce qui représentera
un manque à gagner pour l’État. »