Gilbert Abela, faiseur de prénoms

Digne fils et neveu des trois frères Abela
(Albert, Joe et Edwin, les fondateurs du
groupe éponyme), Gilbert Abela est en
train de se faire un prénom et, comme un clin
d’oeil, a choisi de baptiser ses deux premiers
restaurants rue Abdel Wahab el-Inglizi comme
ses filles, Julia et Claudia, inaugurés respectivement
en 2003 et 2005. Sa holding, G. Abela
Group, possède parfois jusqu’à 70 % des
parts des restaurants qu’il dirige à travers un
contrat de gestion. Il ne conçoit d’ailleurs pas
de gérer un restaurant s’il n’en est pas un des
actionnaires principaux. Cette formule, nouvelle
sur le marché libanais, est la base de son
succès. Gilbert Abela est omniprésent dans
ses six enseignes de Beyrouth. Il passe du service
à la cuisine, tout en recevant ses clients.
Autodidacte, il a appris le métier sur le terrain,
lors d’un séjour de trois ans aux États-Unis
entre 1990 et 1993. De la cuisine à la gestion,
il a appris toutes les ficelles de la restauration.
En 2003, son oncle Albert Abela le rappelle à
Beyrouth pour l’intégrer dans le groupe familial.
Il y passe dix ans et monte plusieurs projets
dont le service traiteur de l’Escwa (la maison
des Nations unies à Beyrouth) ou celui du
Casino du Liban. En parallèle, en 1995, il
développe le Way’s Café, place Sassine, qui
sera son premier projet personnel de restaurant.
En 2003, il quitte le groupe pour ouvrir le
Julia’s, puis le Claudia’s.
Mais c’est cette année qu’il passe à la vitesse
supérieure. En mai, il ouvre le “restaurant-diner”
405 rue Monnot (ancien Le Coffee) et en juin
le Bar Tabac à Sodeco (ancien French Café).
Le chiffre d’affaires cumulé de ses restaurants
tournait autour de trois millions de dollars
avant la guerre. Son dernier projet en date est
le Casa del Gelato. L’ouverture a eu lieu cet
été, pendant la guerre. Ce concept de salon de
thé et glacier à l’italienne a été inspiré par
Sandro Cornacchia, un ami d’Abela, aujourd’hui
décédé, qui lui a légué ses recettes.
L’investissement est de 250 000 dollars.