« Tout le monde me demande pourquoi
nous dépensons de l’argent dans les
rues, alors que nous déplorons 14
millions de dollars de pertes directes »,
plaisante Mihran Najarian, directeur
général de Fine. Ce fabricant de papiers
divers à usage domestique est actuellement
le seul industriel à avoir lancé
une campagne d’affichage publicitaire
sur 1 700 panneaux, alors que son
usine au Liban a été intégralement
détruite. « L’idée est simple, poursuit
Najarian. Depuis toujours, notre slogan
affirme que Fine est aux côtés des gens.
Nous avons jugé que c’était le moment
ou jamais de le répéter. » Le message est
aussi commercial : il s’agit d’informer le
consommateur que les produits de la
marque sont encore sur le marché,
contrairement à ce que la destruction de
l’usine peut laisser croire. « Le lendemain
du bombardement, toutes nos usines à
l’étranger ont commencé à produire
pour le Liban, explique Najarian, dont le
souci est de préserver ses parts de marché.
Nous sommes présents au Liban
depuis 50 ans et nous étudions la possibilité
de reconstruire le site. »