Nécessaire réforme du secteur cimentier

Autosuffisante jusqu’à la fin des années 90, la Syrie est devenue
importatrice de ciment à cause de la forte activité de construction
des dernières années. La consommation est en effet estimée à
plus de sept millions de tonnes par an, les importations à plus de deux
millions de tonnes, alors que la production varie entre 4,2 et 5 millions
de tonnes.
Au niveau des importations, l’Égypte, fournisseur traditionnel de la
Syrie, et la Jordanie connaissent actuellement une hausse de la
demande locale, limitant ainsi leur capacité à l’exportation. Quant au
ciment en provenance des pays du Golfe, il est soumis à une taxe de
passage par le canal de Suez de six dollars par tonne. Par ailleurs, les
ports syriens ne sont pas équipés pour accueillir des livraisons en
vrac, beaucoup moins chères.
Au niveau de la production, les cinq cimenteries publiques datent des
années 70 et sont relativement obsolètes. D’où la nécessité d’une
réforme du secteur cimentier exigeant un programme d’investissements
ambitieux, privilégiant par ailleurs la construction de nouvelles
unités de production. L’État syrien a pu obtenir, à cet effet, une assistance
technique européenne de 1,5 million d’euros.
Depuis quelques mois, les pouvoirs publics ont multiplié les
mesures pour libéraliser et dynamiser le secteur. Les importations
ont été autorisées, les droits de douane revus à la baisse (de 47 et
23,5 % précédemment à 3 %), le prix du ciment libéré et l’accès
au financement facilité.
L’ouverture du secteur du ciment constitue une première tentative de
libéralisation du secteur de l’industrie lourde, encore sous monopole
public. Jusqu’à présent, le secteur industriel attirait un modeste volume
d’investissements directs étrangers par rapport au secteur des
services. L’industrie cimentière, fortement capitalistique, pourrait
inverser cette tendance. Déjà quatre groupes privés ont remis chacun
une caution d’un million de dollars afin de montrer leur intérêt pour la
construction de nouvelles cimenteries.