Le groupe Argent Financial International
basé à Dubaï s’apprête à lancer le premier
fonds d’investissement spécialisé sur le
Liban qu’il a baptisé Lebanon Recovery Fund.
Son directeur Howard Leedham était à
Beyrouth pour identifier les opportunités de
placement, sachant qu’il compte lever jusqu’à
200 millions de dollars pour financer
des projets participant à l’entreprise de
reconstruction du pays.
Argent Financial Group International dépend
du groupe américain éponyme créé il y a
douze ans et spécialisé dans les marchés à
fort rendement. Le groupe gère des actifs de
deux milliards de dollars à travers le monde.
L’évolution de la performance des “hedge
funds” aux États-Unis l’a poussé il y a deux
ans à étendre ses activités à l’international et
à s’installer à Dubaï pour profiter des rendements
intéressants offerts par les marchés
émergents. Le groupe y a lancé le premier
“hedge fund” régulé par l’Autorité des services
financiers de Dubaï. L’initiative est intéressante,
car les fonds de ce type préfèrent
habituellement échapper à la régulation, trop
contraignante pour des structures qui ne
gèrent pas l’argent de petits épargnants,
mais ne traitent qu’avec de gros investisseurs
à qui ils proposent des stratégies originales
destinées à leur assurer de forts
rendements. Les “hegde funds” opèrent
généralement à partir de paradis fiscaux
comme les îles Maurice, ou Caïmans. La
stratégie du nouveau centre financier de
Dubaï consiste à pousser les ”hedge funds”,
notamment intéressés par le marché indien,
à accepter la régulation, tout en leur offrant
des franchises fiscales.
Le premier de ces fonds régulés est le
Crescent Fund lancé en août par Argent
Financial Group International au bout de plus
d’un an de préparatifs. Ce fonds couvre une
zone géographique allant du Maroc à
l’Afghanistan, en passant par la Turquie.
C’est en voyant les images de la guerre à la
télévision cet été que Howard Leedham dit
avoir eu l’idée de se lancer dans une nouvelle
aventure en créant un fonds de “private
equity” pour le Liban. Un moyen aussi de profiter
de l’intérêt des investisseurs du Golfe
pour ce pays. « Nous avons finalisé le
concept en 17 jours et enregistré le fonds »,
déclare Leedham, qui dit avoir déjà perçu
un appétit pour le nouveau produit qui
devrait être lancé d’ici à la fin de l’année, à
l’issue d’un “road show” prévu en
novembre. Le placement minimum sera de
cinq millions de dollars. Le projet est
actuellement dans la phase d’identification
des opportunités d’investissement au
Liban. Le fonds privilégie les gros projets
dans le secteur de la construction, de la
finance ou du tourisme, ou tout autre activité
dans des secteurs dynamiques. « Notre
participation minimum sera de dix à quinze
millions de dollars », dit Howard Leedham,
qui a préféré ne pas révéler pour l’instant
les placements identifiés. L’objectif est de
parvenir à un rendement de 25 %. Un
conseil consultatif libanais est aussi en
phase de recrutement pour épauler la
structure chargée de gérer le fonds.
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