Samer Maroun, l’adepte du manger vite et bien
Issu d’une famille présente dans la restauration
depuis 1957 (elle est propriétaire
du restaurant La Gondole à
Mazraa), Samer Maroun est aujourd’hui
l’un des piliers de la restauration dans le
quartier de Gemmayzé avec pas moins de
trois restaurants.
Diplômé de gestion hôtelière à Montréal,
Samer est revenu au Liban en 1995, où il a
été embauché par l’hôtel Century Park. Il a
ensuite géré le Way’s Café avant d’intégrer
l’affaire familiale en 1998.
Avec La Gondole, il introduit plusieurs
concepts, notamment celui des “moules,
frites et bière”, très populaire en Europe,
ainsi que celui du “lunch box” qui fera passer
les livraisons à domicile du restaurant
de 20 à 120 plateaux repas par jour. En
2000, il ouvre une filiale de La Gondole
dans le quartier d’Achrafié qu’il gère, avec
quelques modifications du concept, jusqu’en
2004. Mais cette expérience est peu
concluante : « La clientèle d’Achrafié n’a
pas suivi. » Samer Maroun décide de changer
de quartier et se déplace à Gemmayzé
dont il deviendra l’un des pionniers. Il crée
avec son frère Mazen le Lotus Management
Group, un groupe de gestion de restaurants
dont l’objectif est de créer des enseignes à
thème, dotées d’une forte identité.
Le restaurant japonais Soto de la rue
Gouraud est leur premier projet en 2003.
Moins de deux ans plus tard, ils poursuivent
leur développement en inaugurant un italien,
le Olio, petit restaurant de 36 places,
mitoyen du Soto, qui, d’après Samer
Maroun, « sert trois services par soir »… Le
rêve de plus d’un restaurateur !
Ce restaurant connaît un succès immédiat et
permet à ses propriétaires de faire un retour
sur investissement en six mois et demi ! Un
record. Avec le Soto et le Olio, Samer Maroun
déclare un chiffre d’affaires de 90 000 à
110 000 dollars par mois, alors que l’investissement
initial pour ces deux enseignes n’a
pas dépassé les 180 000 dollars.
En septembre 2006, les frères Maroun
remettent sur la table 70 000 dollars pour
créer un restaurant chinois, le U, malgré les
incertitudes liées à l’après-guerre.
Leur concept consiste à considérer la
nourriture comme une “affaire sérieuse”,
ce qui les conduit à se préoccuper davantage
du contenu des assiettes que de la
décoration à laquelle ils consacrent un
minimum de frais. Ils étudient leurs menus
de sorte à ce que la facture moyenne se
situe toujours entre 25 et 30 dollars.
Enfin, l’infrastructure de la cuisine est
pensée de façon à ce que la préparation
des plats soit rapide (10 minutes en
moyenne). Des recettes simples qui visent
à fidéliser la clientèle, précise Samer
Maroun. Pour l’avenir, il prévoit un autre
restaurant à thème, ailleurs qu’à
Gemmayzé, dans un quartier de charme.
« Clemenceau, par exemple », suggère-t-il.


