La guerre des 33 jours était censée avoir
ouvert un nouveau marché pour Dalal
dans le sud du Liban. Selon le gouvernement,
quelque 30 000 familles doivent
être relogées et le plan présenté à
Stockholm prévoyait d’allouer un budget
de 75 millions de dollars à l’achat de
logements préfabriqués. Les soldats libanais
et les Casques bleus de la Finul, qui
ont afflué par milliers dans la région, ont
aussi des besoins pressants en matière de
logement. Début octobre pourtant, Dalal
disait n’avoir eu vent d’aucun appel
d’offres public pour reloger les victimes
de la guerre. Il n’avait vendu que 25 unités
préfabriquées au contingent italien
de la Finul (pour des cafétérias et des
centres de communications) et quelques
autres aux Espagnols. Il a également
fourni 1 000 unités à l’armée libanaise,
dans le cadre d’un projet financé par les
Émirats arabes unis.
En fait, après réflexion et sur le conseil de
nombreux experts, notamment de
l’ONU, l’État a renoncé à son projet
d’achat de préfabriqués pour le Sud.
Les unités en question coûtent relativement
cher, alors que leur taille est
inadaptée à celle des familles libanaises
d’une part. Mais surtout, il
semble inconcevable d’installer des
préfabriqués dans un village privé
des infrastructures de base comme
l’eau, l’électricité ou les égouts.
Pour les besoins les plus urgents, une
association saoudienne livrera quelques
unités, de même que la Turquie donnera
des préfabriqués utilisés après le dernier
tremblement de terre qui l’a secouée, at-
on appris de source officielle.
Quant au problème de logement provisoire
des victimes des bombardements, il
sera assuré grâce aux aides en liquide
que l’État prévoit de distribuer.