Le plaisir de travailler serait-il un nouveau moteur de productivité ? Des méthodes anglo-saxonnes de management en font le pari en misant sur la réduction du stress des salariés.

L’anxiété joue un rôle majeur dans le déroulement de notre journée. La tension (stress), l’appréhension (stress) et l’inquiétude (stress) sont toujours présentes. Le stress ne peut pas toujours être évité. Il fait partie de la vie, et la façon dont on y fait face détermine l’évolution de notre carrière et de notre vie. Il a ses côtés positifs : il protège de l’ennui, augmente la motivation. La fatigue qu’il entraîne diminue en revanche la productivité…

De ce point de vue, le stress est considéré comme un mal de plus en plus fréquent, qu’il s’agit de combattre. Concurrence internationale accrue, rythme d’innovations de plus en plus rapide, contraintes environnementales supplémentaires, délais plus courts, risques de licenciement, etc., les causes de stress sont de plus en plus nombreuses et bien souvent insurmontables. Résultat : les salariés sont de moins en moins performants, plus anxieux et parfois très irritables. Le stress se répercute alors sur leur santé : hypertension artérielle, maladies coronariennes, troubles digestifs, maux de tête, maux de dos, insomnies, fatigue... L’absentéisme progresse inévitablement, de même que son coût.

D’où l’invention du management du “bienêtre”. La méthode anglo-saxonne a pour objectif de rendre la vie des salariés plus agréable pendant les heures de travail... pour accroître leur efficacité, bien sûr. Les entreprises rivalisent d’imagination pour “cocooner” leurs salariés. Tout ce qui a vocation à faciliter leur vie est “bon à prendre” : que ce soit des massages sur le
lieu de travail (en général des séances de 20 minutes, tout habillé, sur un fauteuil adapté) ou des cours individuels ou collectifs de sophrologie (discipline qui vise à réduire certains désordres et à développer une personnalité plus harmonieuse).

Plus récemment, certaines entreprises ont créé des crèches en leur sein. D’autres vont jusqu’à intégrer des services courants de la vie quotidienne (cordonnerie, garage, développement photos, pressing, service d’achat des courses ménagères...). Autres exemples : les cantines diététiques, le team-building dans des lieux insolites, les plans antitabac avec compensation financière, l’aménagement de dortoirs pour des siestes de 10 à 15 minutes incluses dans le temps du déjeuner, les heures de sport décomptées du temps de travail (exercices en groupe en Chine ou au Japon) ou payées en bonus (dans les pays d’Europe du Nord), l’aménagement des bureaux (ergonomie et qualité de l’environnement)...


(*) Coach. Conseil d’entreprise.