Des progrès, mais les réformes restent urgentes*

Les performances de l’économie syrienne sont actuellement en
amélioration, mais restent nettement en deçà des potentialités du
pays. Selon le Fonds monétaire international (FMI), le taux de croissance
du PIB était de 3 % en 2005, quoique les estimations officielles
syriennes avancent le chiffre de 4,5 %.
Au cours des quelques dernières années, l’économie syrienne a bénéficié
de la hausse des prix pétroliers et du boom régional qui a suivi la
guerre irakienne. Ceci s’est traduit par de plus importants flux de capitaux
(investissements étrangers, revenus touristiques, transferts de la
diaspora). L’insécurité politique et les exigences de réformes drastiques
freinent cependant la croissance. De plus, la dépendance pétrolière est
inquiétante. Selon le FMI, les champs pétroliers syriens vont se tarir complètement
d’ici à une ou deux décennies, la Syrie devenant complètement
dépendante des importations d’ici à quatre-six ans.
Si l’on fait abstraction des effets de la baisse de la production pétrolière,
l’économie syrienne semble relativement en meilleure santé. Selon les
premières statistiques, le renforcement de la demande locale et les
bonnes performances au niveau des exportations ont contribué à une
augmentation du taux de croissance du PIB non pétrolier de 5 % en 2004
à 5,5 % en 2005, accompagnée toutefois d’une hausse de l’inflation de
4,4 à 7,2 %, résultant de l’augmentation de la demande locale mais
aussi de la dépréciation du taux de change de la monnaie syrienne, en
fin d’année, suite aux pressions politiques exercées sur la Syrie.
L’amélioration des performances économiques passe immanquablement
par des réformes structurelles et les autorités syriennes en sont
conscientes. Certaines réformes ont déjà été lancées. Elles ont essentiellement
pour objectifs d’encourager l’entreprise privée, promouvoir les mécanismes
de marché, ouvrir l’économie syrienne au reste du monde, libéraliser
le système financier et renforcer les performances fiscales à moyen
terme. Le gouvernement a mis en place un plan quinquennal couvrant la
période 2006-2010. Ce plan souligne pertinemment que le développement
du secteur financier, l’amélioration du climat des affaires, la libéralisation
des échanges sont à même d’accélérer la croissance (7 % d’ici à 2010),
de réduire le chômage (8 % d’ici à 2010) et la pauvreté. Quoique ce plan
ne précise pas dans le détail les réformes à entreprendre, on peut citer
l’adoption progressive d’un taux de change flottant, la modification des taux
d’intérêt bancaires pour la première fois depuis 20 ans, la création de
banques privées… Dans ce contexte, le gouvernement n’hésite pas à
prendre des mesures parfois impopulaires, comme par exemple l’augmentation
en une seule nuit des prix de l’essence de 20 % dans un souci
de réduire les subventions pétrolières.
(*) Rapport de la Banque Audi.