Ramzi Adada est le premier restaurateur
beyrouthin à s’implanter dans
le Sud pariant sur la demande nouvelle
liée à l’arrivée en force de Casques
bleus. Beaucoup de rumeurs circulent à
propos de la migration des enseignes vers
le Sud, mais la plupart sont sans fondement.
L’initiative de Adada, elle, est bien
concrète. Propriétaire-gérant du Asia
Beyrouth, il en a eu l’idée la dernière
semaine de la guerre, cet été.
C’est pourtant à Broummana qu’il avait
choisi de délocaliser ponctuellement le
Asia pendant la guerre, à l’hôtel Printania.
Il a reversé à la Croix-Rouge et à Caritas
les bénéfices de deux semaines et demie
d’exploitation. Mais l’aventure du Sud est à
plus long terme. Le Asia va prendre ses quartiers
au Resthouse de Tyr, « le meilleur
emplacement de la ville », d’après Ramzi
Adada selon qui le lieu est considéré comme
une « zone sûre » par la Finul elle-même.
Il a signé en ce sens un contrat de neuf
ans avec les frères Khalifé, titulaires d’une
licence d’exploitation à long terme du site
accordée par le ministère du Tourisme. Le
Asia, qui a nécessité un investissement de
350 000 dollars – en partenariat avec les
Khalifé –, pourra servir près de 380 personnes
assises dont 180 en terrasse. Le
restaurant sera ouvert midi et soir et
s’adressera principalement aux officiers
de la Finul, ainsi qu’au personnel civil,
mais aussi aux journalistes comme, par
exemple, ceux de la Rai italienne qui ont
pendant plusieurs jours le Resthouse de Tyr.
L’enseigne compte aussi sur une clientèle
d’expatriés libanais, nombreux en été à s’installer
plusieurs semaines d’affilée dans le sud
du Liban. Le contrat d’exclusivité avec les
frères Khalifé prévoit le développement
d’autres restaurants dans le Resthouse, sur
la plage ou dans l’hôtel dans une seconde
phase.
Le concept a été adapté à la clientèle de Tyr.
« Notre carte sera 40 % moins chère qu’à
Beyrouth », affirme Adada, qui espère un
chiffre d’affaires de 1,2 million de dollars en
2007. Par comparaison, le Asia Beyrouth
assure 500 à 700 couverts par soir en été,
pour un chiffre d’affaires avoisinant les 2,5
millions de dollars par an. Adada en est le
gérant, mais pas l’unique propriétaire. En
revanche, il a pris le risque du Asia Tyr seul,
allouant 10 % des parts à ses partenaires de
Beyrouth pour l’utilisation du nom. « Je leur
promets de bonnes surprises en 2007 tant à
Tyr qu’à Beyrouth ! »