Échanges syro-turcs

L’entrée en vigueur début 2007 du traité de libre-échange
entre la Syrie et la Turquie devrait consolider la présence
turque en Syrie, surtout dans la région d’Alep.
Côté syrien, les droits de douane appliqués aux produits turcs
deviennent dégressifs, leur suppression étant prévue au terme de
12 ans. Côté turc, tous les produits industriels syriens bénéficient
d’un taux zéro. La Syrie reste toutefois un partenaire mineur pour
la Turquie. L’excédent commercial turc a atteint, en 2005, 280
millions de dollars contre 36 millions l’année précédente.
La baisse constante des exportations syriennes constituées
essentiellement de matières premières (pétrole brut, coton et
phosphates) se poursuit. Les ventes de pétrole brut ne représentent
plus que 58 % du total des ventes contre 77 % l’année
précédente.
En contrepartie, les exportations turques, beaucoup plus diversifiées
et axées sur le gasoil (25 % des importations syriennes), les
matières premières transformées (fibres synthétiques, ciment et
fer – 18 %), les équipements industriels (9 %), l’automobile et
les pièces détachées sont en progression constante (8 %).
Par ailleurs, la coopération bilatérale couvre l’ensemble des
domaines, des infrastructures à l’agriculture. Elle s’accompagne
d’une interconnexion graduelle des infrastructures de transport :
transport électrique tout d’abord avec l’accord de fourniture
annuelle par la Turquie d’une puissance de 1,4 milliard de kWh à
la partie syrienne. Transport routier ensuite, les routes syriennes
restant le moyen privilégié par les exportations terrestres turques
vers l’Irak, l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Égypte.
À moyen terme, le transport ferroviaire devrait sans doute connaître
un nouvel essor, tout comme le transport gazier avec la
connexion du gazoduc panarabe transportant le gaz égyptien de la
frontière jordanienne à la frontière turque.
La signature de l’accord de libre-échange risque toutefois de
peser sur les échanges syro-européens, dans les domaines où les
coûts de transport ou les droits de douane restent élevés comme
dans l’automobile, même si dans ce dernier secteur comme dans
beaucoup d’autres, il s’agit de filiales de constructeurs européens
établies en Turquie.