Panorama énergétique

Des ressources limitées
Les revenus pétroliers de la Syrie contribuent à la formation du tiers
de son produit national brut et couvrent le tiers de ses revenus budgétaires.
Les réserves prouvées de pétrole de la Syrie sont estimées à
près de deux milliards de barils. Dans dix années et compte tenu de
la croissance de la consommation intérieure de 6 % par an, la Syrie
deviendra importatrice nette de pétrole.
La production de 420 000 barils de pétrole par jour confère à la Syrie
une position toute particulière au regard de la situation au Liban et en
Jordanie, qui doivent faire face à une demande énergétique croissante
sans ressources particulières, à l’exception d’une production symbolique
gazière dans le sud jordanien.
Pour l’année 2005, le Liban a importé 4,6 millions de tonnes de produits
pétroliers pour un montant total de deux milliards de dollars
(mazout, fuel-oil, essence, GPL et kérosène). Et tout comme le Liban,
la Jordanie importe l’essentiel de ses besoins énergétiques sur le
marché mondial.
En termes de raffinage, la région est mal équipée. Ce qui oblige la
Syrie à accroître ses importations qui ont atteint 2,4 milliards de dollars
en 2005, soit deux fois plus qu’en 2004. Quant à la Jordanie, la
seule raffinerie de Zarqa n’est plus adaptée aux besoins du marché,
alors qu’au Liban, il n’y a plus de capacité de raffinage depuis plus
d’une quinzaine d’années, les raffineries de Tripoli et de Zahrani ayant
été sérieusement endommagées par la guerre.
Rôle accru du gaz
En Syrie, le gaz génère 55 % de l’électricité et devrait y contribuer
pour 75 % d’ici à quelques années. Les importantes
réserves prouvées, mais aussi l’arrivée début 2008 du gaz égyptien
par le gazoduc panarabe en direction de l’Europe du Sud,
permettent de considérer l’alternative gazière comme une solution
prometteuse.
En Jordanie, l’impact de l’arrivée du gaz égyptien a été très rapide,
alors qu’à son tour, le Liban devrait bénéficier ultérieurement de l’arrivée
du même gaz.
L’extension du gazoduc panarabe de la frontière jordanienne vers la
ville d’Homs, puis vers la Turquie, ainsi que la dérivation annoncée
vers le Liban sont une première étape dans le rôle de plate-forme
régionale que la Syrie, en offrant un débouché vers la Méditerranée au
pétrole et au gaz irakiens, saoudiens et des autres pays du Golfe,
entend désormais jouer.
Dans le domaine de l’électricité, les interconnexions sont déjà nombreuses,
en particulier entre la Syrie et la Jordanie, le Liban, la
Turquie.
Un intérêt naissant pour les énergies de substitution
La Syrie s’est fixé comme objectif que les ressources renouvelables
contribuent en 2011 à au moins 2,85 % de la demande
totale énergétique. La Jordanie, avec l’aide de la Banque mondiale
et du Japon, développe de nombreuses études pour le développement
des énergies de substitution, mais ceci nécessite une évolution
du cadre légal. Quant au Liban, il a manifesté, lui aussi,
avec le soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) un intérêt pour le développement d’énergies
éoliennes sur son territoire. Ainsi, un accord a été conclu
début novembre avec la société Global Wind Energy pour l’élaboration
d’un atlas des vents.
Par ailleurs, le marché des équipements d’énergie solaire s’annonce
prometteur en Syrie et en Jordanie, malgré le prix encore élevé des
cellules photovoltaïques.