Dynamisme économique exceptionnel

Les revenus générés par les hydrocarbures couplés à un programme ambitieux de diversification de l’économie ont permis au Qatar de devenir l’un des pays les plus dynamiques de la région. Le PIB qatari a triplé en cinq ans pour atteindre 52 milliards de dollars en 2006, ce qui place le Qatar largement en tête des pays de la région en termes de richesse avec plus de 63 000 dollars par habitant. Les comptes extérieurs et les comptes publics enregistrent des excédents substantiels : balance commerciale excédentaire de 21 milliards de dollars en 2006, excédent budgétaire probablement de 5 à 6 % du PIB en 2007.
Le PIB du Qatar est généré à hauteur de 62 % par le secteur des hydrocarbures. Le pays produira six millions de barils équivalent pétrole par jour en 2012 grâce aux investissements engagés ou planifiés dans les cinq ans à venir (80 à 100 milliards de dollars dans des projets de développement des réserves).
Les ambitions du Qatar ne se limitent pas à se faire un nom sur l’échiquier gazier mondial mais aussi à devenir le quatrième producteur de produits pétrochimiques du monde avec des investissements dépassant 12 milliards de dollars. Par ailleurs, la métallurgie figure aussi dans le portefeuille industriel qatari, notamment avec Qatar Steel Company qui a lancé en 2004 un ambitieux programme d’expansion qui portera la production de billettes d’acier à 2,3 millions de tonnes.
Parallèlement, le secteur tertiaire est en pleine expansion. Le Qatar Financial Centre, qui a ouvert ses projets en mai 2005, cherche à attirer les banques et les compagnies d’assurances en proposant un environnement favorable à leur activité avec notamment des incitations fiscales. Au niveau du tourisme lié à 95 % à des événements à caractère professionnel, tels que les congrès, le Qatar a accueilli 750 000 touristes en 2006 et cible 1,4 million de visiteurs pour 2010. Près de 15 milliards de dollars seront investis d’ici là dans les infrastructures touristiques pour doter le Qatar de 16 000 chambres d’hôtels supplémentaires. L’un des fers de lance pour atteindre cet objectif est la compagnie aérienne Qatar Airways, qui dessert 78 destinations dans le monde. Le Qatar nourrit l’ambition de faire du nouvel aéroport de Doha le deuxième pôle régional aéronautique après Dubaï, avec une capacité d’accueil de 12 millions de passagers dès 2009 et 50 millions en 2015. Des infrastructures touristiques, telles que l’île artificielle de Pearl capable d’héberger 30 000 habitants et la ville nouvelle de Lusail qui s’étendra sur 8,5 km de côte au nord de Doha, contribueront également à l’essor touristique du pays.
Cette croissance exceptionnelle a toutefois pour corollaire une inflation qui a atteint 11,8 % en 2006 avec une tension particulièrement forte sur le marché immobilier et l’économie du Golfe demeure dépendante d’une main-d’œuvre étrangère. Pour y pallier, des formations sont mises en place en sorte que les ressortissants qataris acquièrent les compétences nécessaires à la gestion de l’économie. Cinq universités américaines se sont implantées à cet effet au Qatar. L’Institut français du pétrole délivre, lui aussi, un diplôme dans l’ingénierie gaz et pétrole.
À long terme, le Qatar entend se positionner en pôle de référence non seulement en matière d’énergie mais aussi de recherche. Programmée pour 2010, Energy City sera une ville de 5 kilomètres carrés intégrée au projet Lusail, où les entreprises nationales et internationales disposeront d’une plate-forme de services technologiques, financiers, scientifiques et de recherche. D’ici là, le Qatar Science & Technology Park, qui devrait ouvrir ses portes en fin d’année, permettra aux entreprises qui s’y implanteront de bénéficier d’un environnement exceptionnel pour développer la recherche appliquée à de nouveaux produits et services. Shell, Exxon Mobil, General Electric, Microsoft et Total ont déjà manifesté leur intérêt pour ce projet.