L’été concentrant l’essentiel de l’activité des hôtels libanais – il représente 60 à 70 % des revenus annuels de certains établissements –, la saison s’annonce une nouvelle fois mauvaise cette année, après un été 2006 catastrophique et un démarrage très fastidieux en 2007.
Au premier semestre, les hôtels s’étaient attelés à relever un défi principal : réduire les coûts sans affecter les standards de service. Ils avaient revu leurs prévisions à la baisse, mais voyagistes et hôteliers espéraient tout de même que cet été leur apporterait le minimum d’activité en mesure de remettre le secteur à flot.
Plusieurs initiatives privées d’envergure contribuaient à l’attente d’une embellie. Aussi bien les commerçants, les hôteliers et restaurateurs, que les industriels, s’étaient en effet mobilisés pour promouvoir la destination Liban et surtout faire du lobbying auprès des différentes factions politiques afin de calmer le climat de tension.
Les combats à Nahr el-Bared et les attentats à répétition ont mis fin à cet espoir. Les plans d’austérité et de survie que les directeurs généraux avaient pour un temps rangé dans leurs tiroirs s’apprêtent à en ressortir. Il ne serait pas étonnant d’assister à une nouvelle vague de licenciements et de congés non payés, y compris dans les enseignes gérant plusieurs unités, telle Habtoor, qui avaient pourtant réussi dans un premier temps à consolider leurs opérations en procédant à des restructurations et en révisant leur stratégie opérationnelle.
Depuis 2005, bon nombre d’établissements tentaient déjà de trouver des solutions de financement pour survivre et parfois effectuer des rénovations nécessaires. La majorité des 18 000 chambres d’hôtels du Liban a besoin de tels travaux.
Mais cette troisième année consécutive d’activité au ralenti risque d’ébranler plus d’un établissement. Un grand nombre d’entre eux ont été mis en vente en 2006 sans trouver preneur, à quelques exceptions près (le Carlton a été acquis pour 40 millions de dollars par des investisseurs privés). Les transactions hôtelières ont été rares ces deux dernières années, les prix n’ayant pas chuté. Une année difficile de plus risque de pousser un bon nombre d’hôteliers à jeter à leur tour l’éponge.
La promesse de facilités de crédits qui a accompagné la conférence de Paris III, fin janvier, les avait pourtant laissé espérer une voie de redressement possible. Mais le plan du gouvernement ne suffit pas sans un programme global de soutien au secteur hôtelier en mesure de l’aider à survivre à cette nouvelle crise. Il s’agit de mettre en place un panier d’avantages fiscaux, une assurance-crédit, un emprunt à taux zéro, etc.
La crise touche les hôtels davantage que les restaurants dont une bonne partie a fait le pari d’exporter leur savoir-faire à travers la création de concepts franchisables. Peu d’hôtels libanais indépendants sont en mesure de suivre cet exemple. Ils n’ont pas les ressources humaines nécessaires pour créer des sociétés de gestion régionales. Et ils sont en tout cas désavantagés par l’étroitesse de leur base de clientèle, par rapport à celle des chaînes internationales capables de générer de gros volumes de réservations.