Les entreprises veulent communiquer. Leurs clients, fournisseurs et le grand public en sont les destinataires. Mais trop souvent, leurs propres employés demeurent des îlots isolés.
De plus en plus souvent, appeler un correspondant au bureau nous donne l’occasion d’entendre une charmante voix enregistrée qui nous demande de pianoter sur le clavier de notre téléphone (après avoir basculé en “tone”) pour atteindre la personne désirée.
Les centraux téléphoniques d’entreprises ont connu ces dernières années une évolution rapide due aux besoins croissants de leurs utilisateurs. Parallèlement, les réseaux d’ordinateurs se sont développés au point de considérer l’ordinateur personnel comme un des outils indispensables d’un bureau, au même titre que la calculatrice électronique ou le bloc-notes.
Nous assistons, aujourd’hui, à la convergence de ces deux environnements caractérisée par l’intégration de la voix et des données tant du côté des fournisseurs de centraux téléphoniques ou des intégrateurs de solutions informatiques. Qui des deux prestataires choisir pour se mettre à niveau ? Avant de répondre à cette question, nous aborderons les composantes essentielles de ces deux moyens de communication.
Tout commence par le câblage
S’agissant d’une banque, d’un hôpital, d’un hôtel ou de tout autre type d’entreprises, le câblage des bureaux représente une étape essentielle pour acheminer la voix et les données informatiques.
Le câblage téléphonique traditionnel est basé sur une ou deux paires de brins en cuivre (l’une sera utilisée et l’autre gardée en réserve) reliés à des boîtes de répartition à partir desquelles des câbles multibrins rejoindront le central téléphonique. Le système de connectivité sera complété par les prises de téléphones permettant de brancher les appareils.
Deux cas de figure pourraient se présenter : câbler un bâtiment en cours de construction ou moderniser une structure existante. Dans le premier cas, les câbles seront passés dans les tubes qui leur sont réservés et les boîtes des prises seront encastrées. Dans le second cas, les câbles seront placés dans des gaines et les prises dans des boîtes, tous deux en apparent.
Élias Abou-Rjeili, de Lines & Network, distributeurs officiels de produits Matra Communication, explique : « Outre l’aspect inesthétique du câblage apparent, le coût moyen par point est plus élevé. En effet, le coût moyen par point pour un système apparent est de 75 $ alors qu’il est de 50 $ pour un non-apparent ».
Marc Moretti, des établissements Caporal et Moretti, distributeur officiel des produits Alcatel, précise : « Nous avons été les premiers à introduire le câblage structuré au Liban. Outre ses possibilités de prendre en charge tant le réseau téléphonique qu’informatique, il est possible de faire certifier chaque point du réseau par un appareillage adéquat. Nous avons ainsi équipé le bâtiment de l’UNDP de 3 000 points utilisant un câblage structuré dans lequel nous avons placé plus de 10 km de fibres optiques ».
Les centraux
de communication
La gamme des centraux téléphoniques disponible sur notre marché couvre la totalité des besoins des entreprises et institutions libanaises ; elle se décline en deux grandes catégories : digitales et analogiques.
Leur capacité est exprimée en nombre de lignes extérieures et intérieures. Pour les plus petites d’entre elles, la capacité sera de 2 Ext./4 Int. alors que les plus grandes disposeraient de 1 000 lignes Ext. et Int.
La tendance va plutôt vers l’utilisation des centraux digitaux, nous précise Ricardo Hosri, de Sacotel, agent exclusif de Panasonic : « 74 % de notre marché est équipé de centraux de petite et moyenne capacité allant de 4 à 64 lignes ».
La technologie digitale utilise actuellement des postes téléphoniques digitaux et analogiques raccordés à une paire de fils. Ils offrent de nombreuses fonctionnalités telle que la messagerie vocale intelligente. Il permet, par exemple, après un court message d’accueil, d’aiguiller l’appelant vers un correspondant ou un service particulier et, en cas d’absence, d’enregistrer un message dans sa boîte vocale. Ils offrent, de plus, la possibilité d’interconnexion de plusieurs centraux distants via des modules utilisant les lignes louées des services publics et/ou des liens par faisceaux hertziens.
Marwan Harfouche, responsable marketing de Kettaneh Telecom, distributeur agréé des centraux Siemens, nous explique : « Nous avons interconnecté la Banque Libano-Française et toutes ses agences en utilisant une sortie ISDN couplée à un router. Les routers de tous les sites sont reliés entre eux par lignes louées et des faisceaux hertziens dans le but d’augmenter le niveau de sécurité et pallier une éventuelle défaillance d’un des deux systèmes. Le coût moyen par ligne de nos centraux varie entre 100 et 200 $ dépendant des extensions de services demandées : modules ISDN, messagerie vocale, etc. ».
Les postes téléphoniques utilisés se répartissent en deux catégories : digitaux ou analogiques. Les postes digitaux sont propriétaires à la marque du central, ils permettent d’exploiter de façon ergonomique les possibilités offertes. Les postes analogiques permettent d’accéder à certaines fonctionnalités en utilisant une combinaison de touches. Les sorties analogiques sont aussi utilisées pour raccorder des fax et des modems permettant de connecter les ordinateurs au réseau téléphonique public. Le prix moyen d’un poste analogique est de 50 $ tandis que le prix des postes digitaux varie entre 100 et 400 $ dépendant des fonctionnalités offertes : poste simple, poste de direction ou poste principal.
Vertiges d’avenir
Comme nous venons de le voir, l’évolution des technologies de communication, la généralisation des centraux digitaux et le développement des plates-formes logicielles offrent la possibilité d’intégrer la voix et les données. Deux orientations se développent en parallèle : l’intégration du transport des données dans les composants des centraux téléphoniques vocales et l’intégration de la voix dans les réseaux informatiques.
Les centraux téléphoniques actuels disposent des modules nécessaires permettant de transporter les données. Plusieurs technologies sont possibles dépendant, des besoins des utilisateurs en termes de débits de données : accès asynchrone en émulation Modem, réseau de transmission par paquets X25 et réseau ISDN (pas encore disponible dans notre pays). En ce qui concerne l’utilisation du réseau téléphonique pour y faire passer les données informatiques à l’intérieur de l’entreprise, il est possible actuellement de brancher un ordinateur sur le réseau téléphonique grâce aux nouveaux protocoles par paquets, qui permettent de sécuriser et d’augmenter le débit des données transférées.
L’intégration de la voix dans les réseaux informatiques se développe à pas de géant, la téléphonie sur IP est dès à présent opérationnelle. En effet, en utilisant le protocole Internet (IP), les fournisseurs de solution de téléphonie bénéficient d’un environnement leur permettant d’intégrer les trois éléments : vidéo, voix et données. Pour y arriver, l’autocommutateur sera directement branché sur le réseau de l’entreprise (Intranet, LAN ou WAN) offrant, par exemple, aux utilisateurs la possibilité d’accéder, en même temps, à l’Internet, et appeler un correspondant. De plus, les ressources informatiques branchées sur le réseau permettront de disposer de nombreux services, parmi lesquels l’accès à l’annuaire, le suivi des communications, les messageries vocales...
Enfin, une fonctionnalité de plus en plus recherchée par les utilisateurs : la mobilité. En effet, l’utilisation des téléphones sans fil connectés directement au réseau téléphonique de l’entreprise permet de rendre accessible toute personne où qu’elle soit. Ainsi, la technologie DECT (Digital Enhanced Cordless Telecommunication) est de plus en plus présente comme option dans les offres des fournisseurs. Interdite dans notre pays, car utilisant la bande des 900 MHz employée par le réseau GSM, elle finira par s’imposer, parce qu’elle s’avère fiable et non perturbante pour la téléphonie mobile.
Le développement de l’Internet sur notre planète rapprochera les distances, fera tomber les barrières permettant à ceux qui peuvent en bénéficier d’échanger leurs données opérationnelles quotidiennes, leurs cultures et leur savoir-faire. Toute nouvelle technologie apporte son lot d’avantages et de désavantages ; is s'agira de savoir coment l'utliser à de bonnes fins.


