Paul Hussein reçoit ses hôtes sous un jeune cèdre planté devant ses bureaux. On est loin de l’atmosphère classique d’une société de services informatiques. Ce qui n’empêche pas Roxana, implantée aux Cèdres, en pleine montagne du nord du Liban, de traiter avec de gros clients aussi bien français qu’américains. « Le jour où j’ai su que le Liban serait enfin connecté à Internet, j’ai immédiatement démissionné de la société française Staff And Line, qui m’employait à Paris pour installer ma compagnie dans mon village natal. » L’idée de départ de Paul Hussein, revenu en 1999 au Liban après huit ans en France, était de travailler à distance pour Staff And Line en créant sa propre société offshore. Ses motivations étaient moins financières que sentimentales, la nostalgie du pays le tenaillant depuis longtemps. « Mais il s’est vite avéré que je n’ai rien eu à regretter en termes de rentabilité ! » En huit ans, son chiffre d’affaires a été multiplié par six. En 2006, la France absorbait 60 % de ses ventes et les États-Unis 40 %, Roxana comptant un gros client dans chacun de ces pays. Roxana se spécialise dans l’architecture et le développement d’applications informatiques sous des interfaces Web et Windows. En d’autres termes, la société offre à ses clients de convertir un cahier des charges bien spécifié, ou bien une simple idée en logiciel opérant. Une seconde branche de son activité consiste aussi à auditer des programmes informatiques, c’est-à-dire à évaluer les performances d’un logiciel. « Nous avons réussi à nous imposer rapidement sur le marché international, car les éditeurs étrangers de logiciels, notamment européens, apprécient le travail des offshores libanaises qui sont multilingues, créatives et situées sur le même fuseau horaire », explique Paul Hussein. Forte de son expertise de sous-traitant, Roxana passe à la vitesse supérieure en déposant son premier brevet en 2006. Il porte sur un système générique de récupération des données sur les sites Web, quelle que soit leur architecture. Conçu pour la société de recrutement américaine Job Diva, il est actuellement en service permanent sur plus de 240 sites Web. Sa mission est de récupérer tous les CV et toutes les offres d’emploi publiées sur ces sites pour les intégrer toutes les demi-heures environ à la base de données de JobDiva. L’efficacité est redoutable par rapport à la récupération manuelle à laquelle était précédemment contrainte JobDiva. « Nous avons déposé conjointement un brevet international aux États-Unis pour protéger cette invention. » Roxana a d’autres idées pour développer ses propres logiciels, cette activité étant potentiellement plus rentable. « Nous avons identifié un besoin pour un logiciel dédié à la gestion des projets et des chantiers de construction destinés aux groupes de bâtiments qui assurera la circulation en ligne, sur Internet, des informations entre propriétaires, architectes, entrepreneurs, sous-traitants et fournisseurs. Nous voulons commencer par trouver des clients dans le Golfe avant de nous lancer ensuite sur le marché européen. Pour ce faire, nous sommes à la recherche d’un client intéressé par le projet qui sera notre partenaire financier », dit Paul Hussein. En attendant cette nouvelle étape de l’expansion de Roxana, la construction de nouveaux bureaux aux Cèdres concrétise la bonne santé de la société qui a investi 700 000 dollars dans le projet. Les quatre étages du bâtiment ont été conçus pour abriter plus de 60 employés installés “à la mode Google” : tout confort, terrain de tennis… sans oublier la vue magnifique. L’objectif implicite est de créer les conditions optimales pour que s’expriment l’ingéniosité et la créativité des informaticiens. Pour l’instant, l’équipe compte 12 ingénieurs (bac + 4 en moyenne), tous originaires de la région. Son éloignement de la capitale est un “petit inconvénient” pour Roxana qui cherche à recruter trois nouveaux ingénieurs expérimentés. Ce n’est pas facile de trouver des ingénieurs en pleine campagne, concède Paul Hussein. Difficile, mais pas impossible. « J’ai abandonné un bon poste à Paris pour m’installer ici », témoigne l’une des informaticiennes. Date de création : 1999 Société de sous-traitance Nombre d’employés : 13 Chiffre d’affaires : NC Part des exportations : 100 % Siège : Les Cèdres Capital : 20 000 dollars Répartition du capital