Croissance robuste et soutenue en 2006

L’économie du Qatar se porte bien. Le taux de croissance réelle du PIB a atteint 8,8 % en 2006, selon le Fonds monétaire international, cité par le bulletin de la Banque Audi. Cette croissance est légèrement supérieure à la moyenne de 8,2 % des cinq dernières années. Cette performance a cependant un prix élevé, une inflation de près de 11,8 % qui a même atteint les 15 % au premier semestre 2007, incitant la Banque centrale à essayer d’alléger la pression sur les prix.
Les secteurs pétrolier et gazier sont l’épine dorsale de l’économie et dominent l’activité. Principaux bénéficiaires du boom pétrolier, ils contribuent à hauteur de 62 % au PIB et représentent 67 % des recettes publiques et 81 % des exportations. Selon The Oil & Gaz Journal, les réserves pétrolières du Qatar s’élèveraient à 15,2 milliards de barils, assurant ainsi une production continue pour les quarante prochaines années. Quant aux réserves gazières, elles représentent 15 % des réserves mondiales, faisant du Qatar le troisième producteur mondial.
Profitant des recettes générées par ses fournitures de pétrole et de gaz au reste du monde, le Qatar est parvenu à diversifier son économie. Les secteurs non pétroliers ne contribuent toutefois au PIB qu’à hauteur de 38 %, enregistrant cependant une bonne croissance de 5 % en 2006. La contribution du secteur industriel au PIB a été de 7,4 % et celle du secteur du bâtiment de 5 %.
L’activité commerciale a elle aussi bénéficié du boom pétrolier, dominée par les exportations pétrolières. Au cours des quatre dernières années, la balance commerciale a enregistré une croissance annuelle moyenne de 21 %, atteignant en 2006 16 milliards de dollars, selon les premières estimations de la Banque centrale. L’excédent commercial est toutefois tempéré par le déficit de la balance des services et du compte capital, compte tenu notamment des virements vers l’étranger de l’importante main-d’œuvre expatriée. La balance des paiements, soutenue par l’important excédent commercial, est quand même parvenue à enregistrer un excédent record de plus de 2,5 milliards de dollars en 2006, représentant 4,7 % du PIB.
Parallèlement, l’amélioration des finances publiques depuis le début du siècle a permis au gouvernement de financer un programme national de développement de grande envergure. Les recettes publiques ont atteint, en 2006, 18 milliards de dollars, en hausse de 18 % par rapport à l’an dernier. Les dépenses se sont élevées à 14 milliards de dollars, en hausse de 41 %, générant un excédent de 4 milliards de dollars, soit 9,2 % du PIB, le plus haut ratio enregistré par l’économie qatarie.
Toutes ces bonnes performances ont contribué à une augmentation de la masse monétaire de près de 39 %, atteignant 24,3 milliards de dollars fin 2006. L’augmentation des taux d’intérêt dans le pays a également contribué à cette augmentation.
Le secteur bancaire a lui aussi suivi ce trend ascendant. Le total des actifs du secteur est passé de 35,8 à 52 milliards de dollars, enregistrant une augmentation impressionnante de plus de 45 %.