Aref Saadé, propriétaire du Shogun à Beyrouth, a inauguré son établissement à Djeddah début septembre. C'est le deuxième restaurant Shogun à s'exporter après celui de Koweït inauguré en 2006.
Créée à Beyrouth en 1998, l’enseigne qui combine une cuisine japonaise et chinoise est devenue une référence en matière de cuisine asiatique tant au niveau de la qualité de la nourriture que de celle de son service. Au menu de sushi des débuts, Saadé a intégré une partie chinoise. L’objectif est, d'une part, d’offrir une alternative aux clients peu connaisseurs de la cuisine japonaise et, d'autre part, de combler l’absence de “vrai” restaurant chinois au Liban. Outre l’expansion dans le Golfe, Shogun accroît aussi sa couverture du territoire libanais. Un quatrième restaurant ouvrira avant la fin de l’année dans le centre Dunes de Verdun. L’investissement est de 500 000 dollars, car l’enseigne bénéficiera de synergies avec le premier restaurant du même nom. Aref Saadé a choisi un mode de développement par contrat de gestion combiné à une franchise. Dans ce cas, le franchisé s’acquitte d’un droit d’entrée et verse un pourcentage mensuel sur les revenus. Par opposition, le contrat de franchise simple prévoit une participation majeure de l’ordre de 50 %.
Avant Shogun, Saadé avait débuté avec plusieurs projets au Liban, en collaboration avec des partenaires tels que le Aja Bar, le Waves Aqua Park, Mzaar (où il a repris le Japs en 2003-2004 sous l’enseigne Shogun), le C Lounge et, plus récemment, Edde Sands (Sushi Bar Shogun). L’investissement dans un sushi bar tourne autour de 75 000 dollars, alors qu’un restaurant coûte au moins 800 000 dollars. Le retour sur investissement des projets se situe entre un an et demi et deux ans.
Aref Saadé débute sa carrière à la Middle East Airlines, basée à Djeddah. Ensuite, il ouvre une agence de voyages spécialisée dans les voyages à destination de l’Asie du Sud-Est, une région qui est devenue pour lui un “terrain d’expertise”. En effet, il démarre dans la foulée une activité d’import de meubles asiatiques et de recrutement de personnel de restaurants asiatique qualifié (notamment des chefs). Il aide ainsi à l’ouverture du Taipan (restaurant chinois développé par la famille Boubess à Verdun) en 1992 et des Benihana, Scoozi, Nippon Maru, Sô, Downtown et enfin du Sushi Bar.
La société “Tropical Bamboo” qu'il développe par la suite se spécialise dans le conseil et la fourniture de produits asiatiques. Ses activités l’amènent à voyager au Moyen-Orient et en Europe, et c’est à Marbella qu’il fait la connaissance de Michel Forgues avec qui il développe en 2000 le Relais de Paris à Achrafié. Ce premier restaurant offre viande, volaille et poisson, mais souffre de la limitation de circulation imposée par Solidere à cette époque.
Son opinion sur le marché de la restauration au Liban est très claire : « Il s’agit d’un “cash business”, ce qui dans les circonstances actuelles attire beaucoup d’investisseurs, mais cela se fait malheureusement au détriment de la qualité. Trop de permis sont accordés et les autorités, débordées, ne peuvent plus assurer le contrôle nécessaire. Dans le segment des sushis, l’hygiène est un facteur primordial, car cette nourriture comporte un haut risque puisqu’il s'agit de poisson cru. De plus, la concurrence tend à s’accroître dans un marché déjà asphyxié par l’étroitesse de la base de clientèle, ce qui favorise une guerre des prix au lieu de tendre vers une amélioration de la qualité. » Par ailleurs, il fait remarquer que le client libanais est « très regardant sur le design et la qualité des matériaux, bien avant de mettre l'accent sur la qualité de la nourriture ».