Les passagers en provenance de Beyrouth sont parmi les premiers à emprunter le nouveau satellite S3 de l’aéroport Charles-de-Gaulle à Paris. Inauguré en juin par le président Nicolas Sarkozy, ce satellite est au cœur de la stratégie de croissance du groupe Air France-KLM dont la force repose sur la qualité de son “hub” à Roissy. Avec 21 000 correspondances long et moyen-courrier par semaine, la plate-forme de Paris est déjà loin devant Francfort (13 000) et Londres-Heathrow (7 000). L’ouverture totale du satellite S3 en octobre et décembre, qui sera complétée par la remise en service du terminal 2E – qui s’était effondré en mai 2004 –, va augmenter la capacité du “hub” de Roissy de 8,5 millions de passagers annuels. Grâce aux nouvelles infrastructures, elle passera de 35 millions de passagers en 2005-2006 à 43 millions en 2008-2009. Le nombre d'avions au contact passera de 52 à 70 %, c’est-à-dire que le recours au bus pour emmener les passagers à bord diminuera d’autant. Le S3 sera aussi équipé de six passerelles spéciales qui permettront de traiter l'embarquement simultané de six A380, les nouveaux très gros-porteurs d’Airbus, dont les premières livraisons sont prévues au printemps 2009.
Pour Air France, la bataille se joue sur la qualité des services offerts aux passagers, de plus en plus nombreux, qui veulent voyager sans perdre de temps. Le constat est surtout valable pour les hommes d’affaires, une clientèle à forte valeur ajoutée pour la compagnie aérienne. Un salon d’affaires flambant neuf de 2 600 m2 leur est désormais consacré – des douches, des couchettes en cuir s’ajoutent à un service de restauration enrichi –, tandis qu’un circuit spécial d’accueil personnalisé a été créé pour les passagers de première qui se plaignaient jusqu’à présent de ne pas bénéficier d’un service au sol les distinguant des classes affaires, contrairement à ce qui se passe à bord. Au total, la compagnie française accueille une centaine de clients de première classe par jour. Pris en charge dès leur entrée dans l’aéroport, ils font leurs formalités de police dans un salon réservé et sont accompagnés sur le tarmac à bord de limousines. Les clients “haute contribution” d’Air France seront parmi les premiers à tester les nouveaux services haute technologie sur lesquels mise la compagnie dans les prochaines années pour se différencier des autres “hubs” internationaux.
« Nous voulons faire d'Air France la compagnie de référence en matière d'accueil de ses clients », expliquait le PDG Jean-Cyril Spinetta devant la presse internationale réunie à Paris.
Réservations sur Internet ou téléphone portable, bornes libre-service pour l’impression de cartes d’embarquement, accès Internet dans le satellite d’embarquement, panneau luminescent où s'affichent jusqu'à 170 vols simultanément, consoles de jeux vidéo pour passer le temps, programmes élaborés de divertissement à bord (cours de langue, grand choix de films de cinéma, logiciel d’observation de la terre à partir du ciel, etc.)… Les nouvelles facilités sont nombreuses. Mais Air France va plus loin en proposant de véritables innovations. La compagnie est la première au monde à tester l’usage du téléphone portable à bord, ainsi que la carte d’embarquement biométrique qui devait permettre à terme à un passager d’accéder à l’avion en libre-service. Il n’aura pas besoin de montrer son passeport, car la carte mémorisera les empreintes digitales de ses deux index et il lui suffira de l’introduire dans une borne pour embarquer, évitant ainsi les files d'attente aux postes de sécurité. La borne imprimera automatiquement la carte d'embarquement au verso du support biométrique. Les données sont effacées et remplacées automatiquement à chaque voyage à concurrence de 500 fois. Autre innovation : la radiofréquence (RFID) – les puces sans contact – a fait son apparition sur les étiquettes-bagages pour le tri automatique. Six fois plus chère qu'une étiquette-bagage classique, ces puces “intelligentes” permettront d’évaluer en temps réel l'avancement du traitement des bagages. Leur taux de fiabilité est de 100 %, contrairement aux 80 % du code barre utilisé actuellement, qui devient illisible s’il est déchiré ou tordu. Chiffres-clés
31,8 millions de passagers Air France accueillis en 2006 (soit une augmentation de 14 % en deux ans)
56,3 % : la part du trafic Air France à Roissy en 2006, contre 54,7 en 2004
910 vols quotidiens (820 vols Air France dont 154 long-courriers et 90 vols des compagnies assistées)
102 200 passagers par jour en moyenne
55 % des passagers en correspondance
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