Le groupe Habtoor, propriétaire et gérant de plusieurs hôtels au Moyen-Orient, est le plus gros investisseur étranger dans le secteur libanais du tourisme avec pas loin de 500 millions de dollars injectés dans trois projets. Frappé de plein fouet par la crise, il tente de réduire ses pertes.
« Nous avons été obligés de réduire nos coûts et nos effectifs qui sont passés de près de 2 000 à 600 aujourd’hui », dit Ali el-Moussawi, conseiller du groupe Habtoor au Liban
Khalaf al-Habtoor, propriétaire du groupe éponyme, avait commencé à investir au Liban dans les années 1980 en achetant des terrains à Sin el-Fil et à Jamhour qu’il agrandira par la suite pour y développer ses projets d’hôtels et de parc à thème. Sa première aventure est le Metropolitan Palace Hotel, un établissement de 183 chambres situé à Sin el-Fil ouvert en octobre 2001 pour un investissement de près de 100 millions de dollars.
En 2005, le Habtoor Grand Hotel Convention Center & Spa ouvre ses portes pour un investissement de près de 150 millions de dollars répartis sur 202 chambres, la plus grande salle de banquets du Liban (1 500 personnes) et un spa.
Habtoor Land, d’une superficie de 107 000 mètres carrés, est le troisième projet du groupe au Liban, inauguré en 2005 pour un investissement de près de 80 millions de dollars (l’attraction “twister” coûte à elle seule 12 millions d’euros). Le tableau n’est rose pour aucun des trois établissements. Le Habtoor Grand Hotel est fermé depuis juillet 2006, sachant que son inauguration officielle n’avait jamais eu lieu, l’hôtel ayant d’abord fonctionné à l’essai. Seuls les restaurants et la salle de banquets sont opérationnels, ainsi que le centre commercial Le Boulevard.
Malgré la fermeture de l’hôtel, le groupe continue d’assumer les coûts de la maintenance et de la sécurité des 31 étages.
Habtoor Land a, quant à lui, rouvert après un an de fermeture consécutive à la guerre de l’été 2006. Il n’affiche que 800 à 1 000 entrées par jour (ouvert seulement de jeudi à dimanche) alors qu’il recevait près de 7 000 clients par jour en haute saison, selon Ali el-Moussawi. Les prix ayant été réduits de 25 à 10 dollars par adulte et cinq dollars par enfant, le chiffre d’affaires est en forte baisse, même si le parc continue d’employer les 200 personnes qui permettent de faire tourner ses 30 activités.
« Le Metropolitan qui est toujours resté ouvert a affiché un taux d’occupation de 50 % fin août, puis il est retombé à 15-20 %. Les réservations pour la fête du Fitr ont été annulées après l’attentat qui a coûte la vie à Antoine Ghanem », affirme Moussawi. Il dément les rumeurs de rachat du Habtoor Grand Hotel par le groupe al-Walid ben Talal, soulignant qu’il n’y a « pas de stratégie sinon attendre ».
« À Dubaï, on peut planifier cinq ans à l’avance. Au Liban, on vit au jour le jour. À quoi serviraient des projections ? »