Pour la première fois depuis 2005, le gouvernement libanais a adopté un projet de loi de Finances pour 2008 avant la fin de l’année en cours, bien qu’en retard d’un mois par rapport aux délais constitutionnels. Le projet de budget englobe une série de mesures d’austérité visant à réduire les dépenses et à augmenter les recettes fondées sur une hypothèse optimiste de croissance de 4 %. Le budget est en ligne avec les recommandations du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, ce qui devrait paver la voie au déblocage du solde des engagements promis lors de la conférence de Paris III, soit 53 % des 7,6 milliards de dollars annoncés. Une importante part de ces montants va servir à réduire le coût de la dette.
Le projet de budget 2008 prévoit des dépenses de 7,6 milliards de dollars, en baisse de 3,08 % par rapport au projet de budget 2007, et des recettes de 5,5 milliards de dollars, en hausse de 9,03 %. Le déficit projeté est donc de 2,06 milliards de dollars, en baisse de 25 % par rapport à 2007, alors que l’excédent primaire serait en hausse de 110 %, passant de 488 millions de dollars dans le projet de budget 2007 à 1,024 milliard dans celui de 2008.
La baisse des dépenses publiques serait surtout due à une réduction de 5 % du service de la dette qui continuerait toutefois de représenter 40,5 % des dépenses. Pour la première fois, les dépenses de l’EDL (environ 670 millions de dollars) sont mentionnées dans la catégorie dépenses d’investissement, dont elles constituent 62 % du total. Le gouvernement a prévu une baisse de 9,6 % des dépenses de l’EDL, en s’appuyant sur les économies attendues du recours au gaz naturel égyptien à partir du troisième trimestre de 2008 et sur des perspectives d’une meilleure collecte des factures. Cette baisse ne prend cependant pas complètement en considération la hausse des prix du pétrole, ni la détérioration de la gestion de l’EDL.
L’accroissement d’environ 130 % des dépenses accompagnant le processus de privatisation (près de 13 millions de dollars) constitue un autre facteur de gonflement des dépenses publiques. La privatisation des deux licences de téléphonie mobile, qui est censée rapporter au Trésor près de six milliards de dollars, reste cependant tributaire de la situation politique. Parallèlement, l’État est censé participer au financement du tribunal international à hauteur de 54 millions de dollars. Du côté des recettes publiques, le gouvernement compte sur le relèvement de la TVA de 10 à 12 % au second trimestre 2008 ainsi que sur une augmentation de 2 % de la taxe sur les intérêts bancaires. Ces deux mesures contribueraient à augmenter d’environ 20 % les recettes fiscales alors que les recettes non fiscales baisseraient de 17 % en raison d’une réduction de 40 % des recettes de la téléphonie mobile. En milliards Projet budget Var.
dollars 2008 2007 (%)
Total dépenses publiques7,614 7,857 -3,1
Dépenses courantes 6,534 6,662 -1,9
- dont service de la dette 3,086 3,251 -5,1
Dépenses d’investissement 1,080 1,194 -9,6
Total recettes publiques 5,553 5,093 9,0
- dont impôts sur le revenu4,269 3,548 20,3
- Autres recettes 1,283 1,545 -16,9
Déficit budgétaire 2,062 2,764 -25,4
Excédent primaire 1,024 0,488 109,9
Déficit en % des dépenses 27,07 35,17% -8,1 pts
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