La perspective du rapprochement du pic pétrolier (voir Le Commerce du Levant, décembre 2007), c’est-à-dire de la date à laquelle commenceront à s’épuiser les ressources pétrolières de la planète qui est l’une des explications de la flambée des cours du brut agit comme un accélérateur sur le développement des énergies renouvelables.
Selon un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les investissements mondiaux dans ce secteur ont atteint 100 milliards de dollars en 2006, un chiffre record. L’investissement global dans ces énergies était de 80 milliards de dollars l’année précédente. Sur le total de 2006, 70,9 milliards ont été investis dans le développement des entreprises, notamment dans de nouveaux secteurs, soit une hausse de 43 % par rapport à 2005 et de 158 % sur deux ans. Les 30 milliards restants ont été consacrés à des fusions et acquisitions, précise le rapport. Les énergies renouvelables, qui produisent environ 2 % de l’énergie mondiale, représentent désormais environ 18 % de l’investissement mondial dans la production énergétique, avec en tête l’énergie éolienne. Selon ce rapport, les énergies éolienne et solaire ainsi que les biocarburants sont celles qui attirent le plus d’investissements, majoritairement en provenance des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les États-Unis et l’Union européenne (UE) ont ainsi contribué à plus de 70 % de ces investissements. Une directive européenne contraint les pays de l’Union à produire avant l’an 2010 jusqu’à 21 % de leur consommation énergétique à travers des ressources renouvelables afin de réduire leur dépendance à l’égard du pétrole et de ses dérivés d’une part et de limiter l’effet de serre dû aux émissions de gaz carbonique d’autre part. La part des pays en voie de développement est aussi en hausse notable (21 % du total mondial en 2006 contre 15 % en 2004). La Chine a investi à hauteur de 9 % du total, suivie par l’Inde et l’Amérique latine (5 %), tandis que l’Afrique subsaharienne reste à l’arrière.
Le phénomène est en effet mondial et ne se limite nullement aux pays développés. En Chine, par exemple, l’installation de chauffe-eau solaires se poursuit à un rythme effréné. Le pays en comptait en 2006 cent millions de mètres carrés en état de fonctionnement et le gouvernement envisage d’installer 50 millions de m2 supplémentaires d’ici à 2010. Pékin s’est fixé comme objectif de produire, d’ici à 2020, 15 % de ses besoins énergétiques à partir de sources renouvelables, contre 8 % actuellement, et d’atteindre 30 % d’ici à 2050. Selon les projections, la Chine deviendra en 2010 le premier producteur de panneaux photovoltaïques permettant de convertir l’énergie solaire en électricité.
En Inde, qui s’est dotée en 2006 d’un ministère des Énergies nouvelles et renouvelables, la puissance a totale des parcs éoliens gagné de 44 % entre mars 2006 et septembre 2007 pour atteindre 7 660 MW, ce qui la classe au quatrième rang mondial, après l’Allemagne, l’Espagne et les États-Unis, en termes de puissance installée mais également pour la fabrication.
Plus près du Liban, aux Émirats arabes unis, qui a accueilli fin janvier le sommet mondial pour les énergies futures, l’ère de l’après-pétrole est en cours de préparation. Dans le cadre de l’initiative Masdar lancée en 2006 pour la promotion des énergies renouvelables, la compagnie Abu Dhabi Future Energy mettra en place en 2015 sur six kilomètres carrés la ville la plus “verte” du monde, caractérisée par zéro carbone, zéro déchet, où résideront 100 000 personnes. Masdar met d’ores et déjà en place un institut de recherche spécialisé dans les énergies renouvelables baptisé Masdar Institute, avec le soutien du Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Des pays arabes moins riches comme la Tunisie ou la Jordanie sont aussi engagés dans des stratégies de promotion des énergies renouvelables.
La compagnie publique tunisienne d’électricité a par exemple mis en place un programme de financement de chauffe-eau solaires pour ses clients, sachant qu’elle se rembourse grâce aux économies réalisées.
La Jordanie a adopté en décembre 2007, une stratégie énergétique nationale. Un de ses objectifs est l’augmentation de la production énergétique primaire provenant des énergies renouvelables de 1 à 9 % d’ici à 2020, moyennant un investissement de deux milliards de dollars. Le projet de loi comporte des incitations fiscales pour l’achat de voitures propres, de chauffe-eau solaires ou pour la mise en œuvre de mesures d’efficacité énergétique ainsi qu’un nouveau code de construction. Les investisseurs dans le domaine des énergies renouvelables bénéficieront, sur une période de 10 ans, d’une réduction de 75 % sur la taxe sur les revenus. Le ministère de l’Énergie a décidé le mois précédent d’exempter des tarifs douaniers, les produits à basse consommation énergétique. Environ 25 % des résidences jordaniennes sont équipées de chauffe-eau solaire.
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