Le projet de budget 2009 prévoit un déficit de 2,93 milliards de dollars (soit 28,37 % des dépenses publiques et 9,4 % du PIB). Il a été établi sur la base d’une croissance de 3 % contre 5 % dans la version initiale, un taux d’inflation de 5 % et un baril de pétrole à 54 dollars.
Les dépenses publiques programmées sont de 10,3 milliards de dollars, en hausse de 35,5 % par rapport au projet de budget 2008. Le service de la dette (4,2 milliards), les salaires (3,4 milliards, en hausse de 26 %) et les transferts à l’EDL (environ 900 millions contre un montant de 1,57 milliard de dollars estimé pour 2008, supérieur au montant prévu compte tenu de la hausse de prix du brut durant l’année) représentent 82 % de ces dépenses. La hausse est principalement due à celle des dépenses courantes qui dérapent de plus de 50 %, alors que parallèlement les dépenses d’investissement, déjà relativement faibles, sont en recul de près de 60 %.
Le service de la dette totalise 4 milliards de dollars (sans compter les intérêts sur les montants dus par l’EDL qui sont estimés pour 2009 à 14 millions de dollars) contre 3,1 milliards de dollars dans le projet de budget 2008, ce qui représente une hausse de près de 30 %. Près de 1,6 milliard correspondent à des charges d’intérêt en devises.
Les recettes publiques devraient, quant à elles, totaliser 7,4 milliards de dollars, en hausse de 33 % par rapport au projet de budget 2008. Le projet de budget ne prévoit pourtant aucune nouvelle imposition, pas même la hausse initialement prévue de 5 à 7 % de la taxe sur le revenu des intérêts bancaires qui aurait dû rapporter entre 50 et 126 millions de dollars supplémentaires. L’application de cette hausse a été laissée à l’appréciation du gouvernement, en fonction de l’évolution de la conjoncture financière internationale.
L’augmentation des recettes est surtout due à l’augmentation des recettes fiscales de 62,87 %, notamment les revenus des propriétés de l’État (+83,60 %).
Certaines mesures devraient contribuer à renflouer les caisses, comme la perception d’une taxe sur les biens-fonds maritimes qui rapporterait près de 20 millions de dollars, la question de la régularisation de ces biens étant laissée à plus tard.
Le gouvernement a, par ailleurs, renoncé pour l’heure à privatiser les deux réseaux de téléphonie mobile, ce qui n’est envisageable qu’à partir du 1er juillet 2009 et uniquement en cas d’amélioration du climat économique mondial. Selon le ministre des Finances, la privatisation de ce secteur mènerait dans une première phase à une baisse de 400 millions de dollars des recettes du secteur, qui s’établissent à 1,3 milliard de dollars dans le projet de budget 2009. Cette perte pour le Trésor serait en revanche compensée par une baisse progressive du service de la dette – l’économie devrait atteindre 450 millions de dollars en 2010 – ainsi que par une plus forte croissance économique du fait de la libéralisation du secteur. Hausse de 51 % des dépenses courantes

La hausse des dépenses budgétaires est en grande partie due à celle des dépenses courantes qui se creusent de 51 % par rapport à 2008. Ci-dessous une liste non exhaustive de certains des postes qui ont été revus à la hausse :
- Environ 150 millions de dollars sont affectés à la préparation des élections législatives du 7 juin.
- Quelque 4,6 millions de dollars de plus vont à la Coopérative des fonctionnaires (y compris les traitements des maladies chroniques et incurables).
- Vingt millions de dollars supplémentaires sont alloués aux caisses des écoles publiques pour le paiement des enseignants contractuels.
- Le budget prévoit une augmentation de 23,33 millions de dollars de la participation de l’État aux écoles publiques.
- La participation de l’État au budget de l’Université libanaise passe de 106 à 126 millions de dollars.
- Le budget prévoit une augmentation de cinq millions de dollars de la participation de l’État à la mutuelle des enseignants universitaires qui passerait ainsi de 10 à 15 millions de dollars.
- Environ onze millions de dollars supplémentaires sont alloués à l’entretien des routes (budget du ministère des Travaux publics).
- L’État augmente de deux millions de dollars sa participation au budget de Télé-Liban qui passe de 2,6 à 4,6 millions de dollars.
- Près de 30 millions de dollars supplémentaires vont aux Forces de sécurité intérieure pour le recrutement de 3 000 gendarmes.
- Des budgets supplémentaires sont également affectés à la Sûreté générale pour le recrutement de 500 contrôleurs de deuxième catégorie, 170 gardes douaniers et pour l’édition de 250 000 passeports.
- Près de 20 millions de dollars sont prévus dans le budget du ministère de l’Énergie au soutien du prix du mazout rouge. Projets de budget 2009
et 2008 (en millions de dollars) 2009 2008 Var. (%)
Total dépenses publiques 10,3 7,6 +35,5
Dépenses courantes 9,9 6,5 +51,2
- dont service de la dette 4,0 3,1 +29,6
Dépenses d’investissement 0,4 1,1 -59,4
Total recettes publiques 74 5,6 +33,1
Déficit 2,9 2,1 +42,0
Excédent primaire 1,4 1,0 +31,4
Déficit (% des dépenses) 28,4 27,1 +1,3 pts
Déficit (% du PIB) 9,4 7,2 +2,3 pts
Source : Ministère des Finances. Recettes publiques prévues
dans les projets de budget 2009
et 2008 (en milliards de dollars)
2009 2008 Var. (%)
Recettes fiscales 5 301,3 269,4 +24,2
Impôts sur le revenu, les
bénéfices et les capitaux 1 323,2 990,1 +33,7
Impôts sur les propriétés 465,8 355,0 +31,2
Taxes intérieures
sur les biens et services 2 794,3 2 374,9 +17,7
Taxes sur le commerce et
les échanges internationaux 473,8 358,3 +32,2
Autres recettes fiscales 244,2 191,1 +27,8
Recettes non fiscales 2 090,3 283,3 +62,9
Revenus des directions
et institutions publiques
(propriétés de l’État) 1 597,2 869,9 +83,6
Taxes, revenus
administratifs et ventes 314,5 282,7 +11,3
Amendes et saisies 4,0 3,3 +20,0
Autres recettes non fiscales 174,5 127,4 +37,0
Prêts internes 2 928,3 2 061,7 +42,0
Total 10 319,9 614,5 +35,5
Source : Ministère des Finances. Budgets annexes (2008 et 2009)
2009 2008 Var. sur
(dollars) (dollars) un an (%)
Télécoms 1 246 543 1 174 792 +6,1
Loterie nationale 54 412 54 412 Inchangé
Direction des
céréales et de la
betterave sucrière 47 913 21 501 +122,8
Source : Ministère des Finances.